27 décembre 2007


Back Office

Je l’ai appris il y a peu. Vous le saviez sans doute, ce joli terme qui fleure bon le langage des affaires désigne toutes les tâches purement administratives, qui s’effectuent donc dans l’arrière bureau. En ce qui concerne le travail en bibliothèque, cela doit englober tout ce boulot qui échappe aux lecteurs, pour qui la bibliothèque, c’est le prêt de livres, point barre. Je l’ignorais, c’est normal, je suis un bibliothécaire de campagne : chez nous, tout ce qui est nouveau arrive toujours avec un peu de retard. Ceci pour vous dire que ces derniers temps, j’en ai un peu plus justement, de temps pour me consacrer au 'back office'.

A deux, c’est tout de suite une autre vie. J’avoue finir les journées plus relaxé, et sans avoir pour autant l’impression d’heures de travail moins productives. Au contraire, je vois des tâches en retard depuis des semaines se réaliser tout à coup et sans peine. Tout simplement parce qu’il y a là, derrière ce foutu comptoir de prêt, une autre personne assise à ma place. A cette place où j’ai passé beaucoup trop de temps. Toutes ces heures d’affilée, je ne dois pas vous faire un dessin, même si ce n’est pas l’usine, en fin de journée, on n’a plus envie de voir personne. Et surtout, on ne veut plus parler, plus renseigner, plus chercher. Quand j’y retourne à présent, c’est avec plaisir. Ca va tout seul, sourire franc et bonne humeur réelle.

Depuis un mois donc, et jusqu’à ce que ma nouvelle collègue soit entièrement autonome, je me tiens en arrière-garde. Sur un deuxième poste installé à la hâte dans un coin de la bib, je m’adonne presque avec joie à la catalo, à de l’élagage et j’arrive –enfin- à être à jour au niveau administratif. Tout cela en gardant un œil sur ce qui se passe au prêt. Sous peu, elle pourra se débrouiller toute seule et chacun assumera une partie de ses heures d’ouverture en solo. Et bien oui tiens, on partagera le 'back office' aussi, parce que le travail en première ligne, même s'il lasse certains jours, c'est quand même l'essentiel non?

20 novembre 2007

Folle jeunesse

Une toute belle histoire, lue chez Oliver Le Deuff, dans son 'Guide des égarés'....où comment nos jeunes lecteurs peuvent égayer nos tristes existences de fonctionnaires mal payés. Bonne humeur assurée pour le restant de la journée!
Blogger m'emm....


Attention hein, pas le verbe 'bloguer'. C'est bien de la plateforme qui héberge ces modestes lignes qu'il s'agit. Je m'explique. Quand on prépare un article et qu'on l'enregistre en mode 'brouillon', si on publie d'autres articles entretemps, le jour où ce premier article est enfin prêt et publié, 'Blogger' le place à la date à laquelle vous avez entamé sa rédaction. Et donc, pour les lecteurs qui suivent votre blog, je suppose qu'il passe inaperçu. Donc, si vous voulez du neuf, allez à la date du 4 novembre. Ce qui tombe assez bien d'ailleurs vu le titre de cet article.

14 novembre 2007

Un rien m'énerve


Ca vous arrive de vous dire que vous exagérez? Que vous jugez trop rapidement quelqu'un que vous avez à peine vu ou entendu? Quelqu'un à qui vous ne laissez même pas la chance de se défendre? Par exemple, vous arrive-t-il quelquefois d'être gagné par le découragement à l'écoute de certaines conversations adolescentes? Conversations desquelles vous déduisez une affolante baisse du niveau intellectuel de ceux qui, pensez-y cher lecteur, un jour, prendront -certes avec nettement moins de panache- votre place, ou -pire- la mienne? Et est-ce qu'ensuite, vous vous dépêchez de chercher dans vos connaissances l'un ou l'autre contre-exemple à ce triste constat : un ado avec qui une conversation sensée reste possible, sans que vous deviez tous les trois mots le corriger et vous entendre répondre, une pointe d'agressivité dans la voix : 'mais on s'en fout, tu as bien compris ce que je voulais dire quand même? ' Et est-ce que juste après, vous vous auto-mutilez intellectuellement en psalmodiant : 'mais tu vois, ils sont pas tous comme ça, il y en a encore, des intelligents. Faut toujours que tu exagères, espèce de vieux c...'?


Séance d'acquisitions à la librairie. Ma liste en main, je coche les titres trouvés, j'en compulse d'autres, bref, comme diraient mes confrères instituteurs, je me promène aux frais de la commune. Il y a du monde. Notamment quelques ados empressés de se faire remarquer. Pour leur santé comme pour la mienne, je m'éloigne vers de plus calmes zones. Mais l'un d'eux, la quinzaine déguingandée, persiste à me harceler, il me suit, une importante conversation téléphonique en cours de la main gauche, la droite vaguement brinquebalante à l'orée de sa poche. Bien malgré moi, je l'entends dire : 'non, là, je suis à la bibliothèque'.
Quelques instants plus tard, le même, GSM raccroché, désignant le tome deux d'un roman exposé, s'en prend à sa grand-mère : 'tu vois ce livre-là, ben, j'ai déjà lu le premier thème, c'était vraiment bien, j'adore moi, les livres de chevaliers et de dragons'.
Deux phrases, deux erreurs de vocabulaire, deux baffes virtuelles.
Je m'en suis retourné, à moitié convaincu de ma propension à l'exagération. Et certain par contre d'oublier les franges les moins glorieuses de ma propre adolescence sans doute trop lointaine.

05 novembre 2007

Prévisions

Je l'avais écrit ici, puis je n'y ai plus repensé. Aujourd'hui, impossible de ne pas vous en faire part. Je suis trop fort. Mieux que Paco et Elisabeth réunis. Jugez donc. Le 11 janvier de cette année, je pariais qu'avant deux ans, un lecteur céderait à la bib son exemplaire des 'Bienveillantes'. Aujourd'hui, 5 novembre, soit moins d'un an après, paf, le voilà, en première position dans un joli sac en papier, avec une dizaine d'autres titres plus ou moins récents. Persuadé que la généreuse donatrice faisait partie des centaines de personnes ayant acheté la brique littelienne sous la pression médiatique, je me suis contenté de la remercier -chaleureusement encore bien. Lui demander si elle l'avait apprécié risquait de la mettre dans l'embarras.

04 novembre 2007

Quatre

C'est sous ce signe qu'est placée la chaîne à laquelle m'invite Liber Libri. Exercice difficile que de rassembler en seulement quelques lignes des années de lecture et des goûts fluctuants avec l'âge. Bref, compte tenu de ma mémoire défaillante et de la limite numérique, voici :

Les 4 livres de mon enfance / adolescence :

Ca ne vous ennuie pas que je parle plutôt de collections? Non? Alors, il y avait :
- Les 'Bibliothèque Rose' (Oui-Oui, puis, les Clubs des Cinq et Clan des Sept)
- Les 'Signes de piste'....aaahhhh, les aventures de scouts livrés à eux-mêmes dans la nature...










- Les 'Travelling'















- et une série bd que je ne peux pas ne pas citer, tant j'en ai lu et relu chaque volume : Blueberry
Les quatre écrivains que je lirai et relirai :

- Fernando Pessoa
- John Steinbeck
- Ed McBain
- et encore un auteur Bd : Maurice Tillieux et ses 'Gil Jourdan'

Les quatre auteurs que je ne relirai probablement plus :

....pffff, trop dur, ça, les trucs chiants j'aime autant les oublier très vite...je ne lirai sans doute plus de Dantec (et ce bien que j'ai adoré ses 3 premiers romans), ni de Nothomb et sûrement pas de Sarraute....et, je ne lirai plus de Stieg Larsson, mais ça c'est parce qu'il est mort...

Les quatre premiers livres de ma 'liste à lire' :
- Les disparus, de Daniel Mendelsohn (je triche, je viens de le commencer...)
- L'huile sur le feu, d'Hervé Bazin (je ne rigole pas, ma fille doit le lire pour l'école...et j'aime autant en parler avec elle avec l'interro...)
- Le temps où nous chantions, de Richard Powers
- La zone d'inconfort, de Jonathan Franzen
Les quatre livres que j'emporterais sur une île déserte :
...logiquement, ce devrait être des livres d'auteurs qui figurent dans ceux que je lirai et relirai...'Le livre de l'intranquilité', un volume de l'intégrale du '87e district', 'Les raisins de la colère' et 'L'enfer de Xique-Xique'...

Les dernières lignes d'un de mes livres préférés :




"Et, tandis que là, sur ma modeste plage, j'attends mon avenir en regardant déferler les vagues, j'éprouve une étrange et grisante allégresse. Après tout, nous voici à l'Age de l'Incertitude et de l'Inachevé. John James Todd, me dis-je à moi-même, te voilà enfin en accord avec l'univers"



('Les nouvelles confessions', de William Boyd)



Je fais suivre à Trottinette (elle peut nous faire une variante sur le thème de la cuisine...), à Nekita, à Ion (je ne sais si elle me lit, ni si elle s'amuserait à ce genre d'exercice, la citer ici me permet de rendre hommage à son blog salvateur) et, finalement à Passiflore, parce que j'aime toujours en apprendre un peu plus sur elle....

Sauvés par Régine


Début du concert avec une heure de retard, déjà ça, ça m'énerve. Bon, ok, il y avait deux 'premières parties' avant eux, mais pourquoi ne pas l'annoncer clairement? Bref, à 21 heures et quelques, les lumières laissent la place au noir presque complet, les pieds des micros et les cinq cercles disposés sur la scène s'illuminent : pas de doute, les Canadiens vont débarquer. Dix, pas moins. On attaque en force : j'ai oublié le titre du premier morceau, mais en deuxième position, c'était 'No cars go', suivi pas très loin par 'Black wave'...Win, Régine et leurs 8 potes se déchaînent, c'est tonique, énergique et...bruyant. Dès les premières notes, mon oreille gauche en prend un sale coup, nous sommes pourtant bien placés, presque au milieu, dans les derniers fauteuils du premiers rang...Les minutes passent, mais rien à faire : trop fort, pas maîtrisé, mal balancé, on ne comprend rien de ce que chante Win, tant sa voix est saturée par la dizaine d'instruments qui jouent autour de lui. Impression de magma musical qui ne semble pas gêner les dizaines de ptits jeunes entassés dans la fosse. Si on devait classer la sono sur 10, les ingénieurs d'Arcade Fire se récoltent un 1 par politesse. En comparaison, en juillet, au festival de Werchter, ceux des Killers ou de Gabriel méritaient facilement un 9. Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est la salle qui est en cause : j'y ai vu d'autres groupes (Radiohead, Noir Désir...) passer parfaitement. Heureusement qu'il y avait la petite Régine, bouleversante dans 'In the back seat' et tirant les autres morceaux vers le haut dès que sa voix s'y faisait entendre. Dernière pierre à leur jeter : sur le coup de 22h30, soit après une heure trente pile de concert, ils nous plantent là. C'est ce que je nommerai une durée syndicale. Bonjour la spontanéité et la générosité. Je parie que même Sardou traite mieux son public que ça. C'était la minute de mauvaise humeur d'un admirateur déçu.

30 octobre 2007

Comment distinguer un lecteur d'un usager


Les formations sont toujours propices à se raconter la 'dernière bien bonne' entre confrères. Généralement, ces jolies histoires concernent nos chers amis les lecteurs. Mais pas toujours.

Racontar 1 donc. La scène se passe dans une bibliothèque rurale, assez importante, située au 2ème étage d'un bâtiment que je daterais à vue de nez du 19e, richement rénové et que, pour plus de facilités, tout le monde nomme 'le château'. Un homme rentre, plutôt le genre clochardesque, vêtu de pas frais et traînant un cabas. Comme aimanté par les rayons de la section adultes, il disparaît de la vue de mes confrères. Quelques instants plus tard, un lecteur s'approche du comptoir de prêt et, sur le ton de la conspiration, confie aux bibliothécaires :"dites, le type qui vient de rentrer il y a deux minutes...il vient de pisser contrer une armoire...là, il s'est assis dans un coin et il commence à boire". Les bibliothécaires tout-terrain qui me lisent devineront aisément la suite de l'histoire. Il fallait non seulement virer poliment l'urineur indélicat, mais également rendre aux lieux leur propreté initiale.

Obligations

A la bib : la fin d'année reste synonyme d'échéances à satisfaire. Et cette année me semble pire que les autres. En cause, une formation assez longue à laquelle je fus 'cordialement obligé' de participer. Six jours pleins durant lesquels pas de catalo, pas de suivi des périodiques ni des commandes et autres factures et autant de retard à rattraper au retour.
A la maison : chaque week-end mis à profit pour poursuivre l'aménagement du grenier. Et aussi la routine, les courses, le ménage, le taxi à faire pour les enfants.

Alors que tout ce que je voudrais, ce serait m'assoir (ou me coucher dans un parc, mais dans un pays chaud alors...) et lire.

09 octobre 2007

Maman

D'habitude, tu rentres dans la bibliothèque, tu déposes les livres de ta fille et, si elle m'en a réservé d'autres, tu attends que je les ai enregistrés sur sa fiche avant de t'en aller. Aujourd'hui, tu avais envie de parler. Depuis 15 jours, ta fille ne rentre plus tous les soirs. Elle est à l'université, à Liège, et bien que ce ne soit finalement qu'à une quarantaine de kilomètres, la durée du trajet en transports en commun était décidément trop pénible. Cinq jours sur sept, elle loge là-bas. L'impression, entre ton mari toujours sorti et ta fille qui s'éloigne, d'un grand vide soudain. Le village : un trou perdu dans la compagne. Pas de voiture. Pas de travail hormis la maison à tenir. Et pour qui désormais? Il n'y a pas si longtemps, tu l'attendais. A heure fixe, elle rentrait de l'école en bus. A heure fixe, tu lui préparais son repas. Et le reste devait être à l'avenant. A quoi bon à présent? Tu n'as laissé planer aucun doute, ça ne tenait pas du regard ou du geste : tu l'as dit clairement : "c'est dur".
Je t'ai rappelé à quel point la vie d'étudiant pouvait être gaie. La liberté, les amis, la guindaille. Et les bons souvenirs que j'avais gardés de cette époque dans la Cité Ardente. Cela t'a un brin remonté le moral. Mais j'avais un avantage sur toi : nous, les parents divorcés, nous sommes très tôt confrontés à ne plus retrouver nos enfants chaque soir de la semaine.

08 octobre 2007

Deux

Voilà, ça y est, les candidatures ont été reçues et évaluées. Les postulants ont été entendus. Le jury a fait son choix. Choix qui me semble être le bon. Après douze ans en solitaire, dont plus de la moitié à réclamer inlassablement du renfort, j'ai du mal à me faire à l'idée que l'objectif est atteint. Si vous travaillez dans l'administration, il vaut mieux être patient. Et quand les choses que vous souhaitez finissent par arriver, vous les aviez depuis tellement longtemps en tête que vous en êtes déjà à réfléchir à l'étape suivante. Un mi-temps? Très bien. Et comment vais-je leur faire comprendre que ce ne sera pas suffisant?
Au-delà de ça, l'irruption de quelqu'un d'aussi qualifié que moi risque de tournebouller ma vie de bibliothécaire peu habitué au travail en équipe. Sans doute ais-je, consciemment ou non, développé des méthodes et des habitudes sur lesquelles ma nouvelle collègue ne manquera pas de jeter un oeil cru. Et qu'elle proposera de modifier. Sans doute aussi prendra-t-elle sa part de responsabilités dans cette gestion quotidienne qui m'alourdissait de plus en plus. C'est donc bien de délégation et de partage qu'il s'agira. Et de considérer que cette bibliothèque n'est, dès à présent, plus "ma" bibliothèque.

21 septembre 2007


Dis moi ce que tu lis, je te dirai...


A propos de certains usagers boulimiques, ceux dont je parlais dans mon précédent post (la tribu des 'je ne sais plus si je l'ai dejà lu celui-là'...). Il arrive régulièrement que l'un ou l'autre m'interroge : 'Et avec votre ordinateur, vous ne pouvez pas voir si je l'ai déjà emprunté ou pas?'. Et chaque fois, sans aucune trace de lassitude, je leur explique que non, que conserver la liste des titres qu'ils ont empruntés serait une atteinte à leur vie privée. Je vois bien à leur regard étonné qu'ils trouvent que j'exagère. Le biblio, il aime encore bien hein, la théorie des grands complots. A leurs yeux, qui pourrait bien être intéressé par le fait qu'ils aient emprunté toute la série des Christian Signol ou qu'ils restent de farouches amateurs de Patricia Cornwell? Effectivement, parce que vivre en démocratie endort la méfiance de certains envers les infos que les 'services publics' collectent. Et que, contrairement aux Etats-Unis, chez nous, aucun bibliothécaire ne s'est encore vu obligé de fournir des renseignements à la police concernant les habitudes de ses usagers. Mais si par hasard, il y avait parmi eux un tueur en série, je suis sûr qu'il penserait immédiatement que je n'ai pas tort. Il saurait, lui, comment Morgan Freeman découvre finalement le nom du coupable dans 'Seven'.

10 septembre 2007

Version abrégée


Acheté il y a un peu plus de cinq ans et, selon le merveilleux outil informatisé de gestion de la bibliothèque, prêté sept fois, ce bouquin présentait un défaut qui vient seulement de m'être signalé par une attentive lectrice. La seule parmi les emprunteurs de ce titre. Au niveau de la quatre centième page, il y a effectivement un manque d'une quinzaine de feuillets. Pas perdus ou déchirés, non, la reliure intacte montre bien qu'il s'agit d'un défaut d'origine.

Alors quoi? Les 6 autres ne l'ont-ils pas terminé? N'ont-ils tout simplement rien remarqué? (peut-être s'agissait-il de membres de la tribu des 'j'en ai lus tellement qu'à voir la couverture comme ça, je ne sais plus si je les ai déjà pris') Ou alors, ont-ils eu 1. peur de me le signaler (j'avoue, certains samedis matins, je zappe le rasage et c'est 'tête de bagnard ' au comptoir de prêt) ou 2. pas envie de me le dire? ('pas de raison que je sois le seul à me faire avoir!')? Mon logiciel ne me permet pas de voir qui furent ces -au choix- distraits/peureux/dégoûtés d'Hemingway/vengeurs. Dommage dommage.

06 septembre 2007

Oubli

C'était les vacances, juste avant que je ne fourre mes bagages dans la voiture et une fois rentré, j'ai oublié de vous en parler. Brigitte, dans son blog 'Littératura', parle de ce blog, le mien, les 'Carnets'. Ce qu'elle écrit est assez bien vu et donc voilà, retour d'ascenseur. Merci à elle et bonne route sur le web!

Nettoyage par le vide

Première visite de classe et déjà du nouveau, de l'imprévu. Le public scolaire reste décidément une valeur sûre. Ne croyez jamais avoir tout vu ou entendu : patientez. La surprise surgira au bord du comptoir. Elle est cette fois venue d'un gamin de 8-9 ans. Depuis plusieurs années, ses frères et soeurs avaient tracé la voie : le nombre de bouquins non-restitués leur assure à chacun une place de choix dans mon top 10 des 'usagers pénibles'.

Celui-ci se présente donc devant moi et fièrement me tend le livre qu'il compte emprunter. Un oeil sur lui, l'autre rivé à mon écran, je constate qu'il n'a pas rendu le dernier bouquin emprunté en juin. J'y vais franco : "Mmmm, tu n'as pas ramené ton livre de l'année passée". Bouche ouverte, yeux ronds, il attend la suite. C'est le début de l'année scolaire, il m'espère sans doute compréhensif et coulant. Je poursuis donc : "J'ai envoyé une lettre de rappel". Il me regarde et percute visiblement : "Ah oui, maman l'a reçue, elle ne savait pas que c'était un livre de la bibliothèque, alors elle l'a jeté à la poubelle". Tadaaaam.