
En formation avec une trentaine de confrères pour la plupart inconnus, je ne peux m’empêcher de penser que nous, bibliothécaires, une fois sortis de nos rayonnages rassurants, sommes incapables de maîtriser notre profonde fibre asociale. Par exemple, si nous constatons que nous ne connaissons personne dans l'assemblée, nous nous asseyons dans un coin de la classe et n’adressons la parole à nos semblables que contraints et forcés. Aux rares moments de pause, nous laissons gaiement éclater notre sens inné de la convivialité en sortant qui un bouquin, qui un journal, afin d'éviter tout contact inutile. Face à une formatrice pleine de bonne volonté –mais sans doute plus très à jour question pédagogie participative, dixit une spécialiste de mon cœur à qui je n’ai pu m’empêcher de relater ces journées- nous affichons au mieux un profil poli et vaguement intéressé entre deux baillements, au pire une présence uniquement physique parce qu’il faut bien. Et encore, c’est sans compter les retardataires systématiques, les départs anticipés ‘pour ne pas manquer mon train’ et les sorties de classe intempestives à mettre au compte d’une vessie saturée.
Bien sûr, nous sommes capables d’attention. Par exemple, forts de notre culture générale étendue, nous veillons à ce que la formatrice ne commette pas la plus petite erreur d’appellation si elle devait se risquer dans une digression hors de son champ de compétence. Auquel cas, nous ne manquons pas de la remettre poliment dans le droit chemin...

