03 novembre 2008

Fournisseur exclusif

Désarchiver, ce n'est jamais drôle. On repousse, on diffère, on atermoie. Jusqu'au jour où il faut bien s'y mettre. Les pieds de plombs, on s'avance, résigné et certain de n'avoir devant soi que d'arides documents à retirer des fardes, avant de les désagrafer et de les envoyer dans la caisse 'papier à recycler'.
Et puis on tombe sur ça.



(cliquez sur l'image pour être sûr de ce que vous lisez...)

26 commentaires:

Yvonnic a dit…

Ouf! Pas facile pour un Français de trouver quelque chose là-dessus. Peu de sites. En tous cas les recherches sont toujours instructives sur le socialisme belge et la place qu'il a toujours accordé à la lecture et à la notion de "La démocratie culturelle". A chaque fois que je me plonge dans l'histoire belge, à la suite de tes billets, j'ai toujours l'impression que le socialisme est initiateur de tout ce qui relève de la culture dans votre jeune pays. Je résume mes trouvailles ( juste des dates qui n'interesseront personne, je sais mais je m'en fous):

En 1891 le POB (Parti Ouvrier Belge) avait créé une section d'Art et d'Enseignement, sous l'impulsion de Emile VANDERVELDE. Son Centre d'Art sera un des foyers les plus intenses de la vie culturelle du pays. Des personnes comme Jules DESTREE (coucou, Jules) et Emile VERHAEREN en feront partie.

En février 1911 le mème Emile VANDERVELDE crée, entre autres services culturels, un Office Central des bibliothèques dans le cadre plus large d'une Centrale d'Education Ouvrière (CEO)

Le 17 octobre 1921 , c'est la Loi DESTREE sur les bibliothèques publiques. (re-coucou, Jules)

En 1969 le Bureau du PSB décide de changer la dénomination de La CEO qui devient la PAC : Présence et Action Culturelles, comprenant entre autres " l'Office National des Bibliothèques Socialistes ". Le voilà enfin cet ovni!

Enfin le 8 avril 1976 PAC enfin doté de structures propres, se trouve alors détaché de ses autres composantes, ne gardant que l'ONBBS (qui deviendra l'OBAL -Office des Bibliothècaires et des Amis de la Lecture)

Je ne trouve aucune trace de l'OBAL actuellement. Mais nul doute que Nescio pourra me dire si ça existe encore.

Amusant de voir comme au fil du temps on change des dénominations trop ciblées. En raccourci, du CEO à la PAC, de l'ONBBS à l'OBAL, on pourrait dire que l'education ouvrière est devenue action culturelle et qu'on a perdu des socialistes mais gagné des Amis de la lecture. Le militantisme se revendique comme consensuel, il y perd un peu de substance, mais bon, l'essentiel est fait je suppose.

L'ABF chez nous n'a pas un tel passé. Ce qui est difficile à cerner exactement c'est la représentativité exacte de ces organismes (ONBBS, OBAL) au niveau de la profession en Belgique. Leur côté "officiel" ou non. Quid des bibliothécaires non-socialistes à l'époque etc... Tout ça est compliqué, vu d'ici.

Cela renvoie un peu à l'histoire de tes ex-libris dans tes billets de juin.

Enfin, j'ai revu Jules, c'est bien.

Yvonnic, fouille-belge

tex_242 a dit…

Très intéressant comme document. De quel fonds d'archives est-il issu?

Sinon, en ce qui concerne l'OBAL, je ne pense pas qu'il existe encore. Il suffit de demander à la bibliothèque de l'IEV (Institut Emile Vandervelde) : www.iev.be

nescio a dit…

Il provient d'une farde contenant des factures des années '80, qui commençait à sérieusement à m'emm...dans mon ridicule petit local 'archives/réserve/magasin'...Le plus bizarre, c'est que je n'ai jamais vu ce (ou ces) bouquin(s) dans la bib...Vu le prix, ça devait pourtant être du genre 'beaux livres' bien visibles.
Quant à l'OBAL, déso, mais je n'en sais pas plus.
Ah oui: heureux de rencontrer un confrère compatriote bloggeur, tex_242...

Catherine a dit…

Mwais..., moi aussi, j'ai découvert, petit à petit après mon engagement l'existence de bouquins acquis par la biblio et se trouvant dans certains bureaux de l'administration communale...

nescio a dit…

:-) ooooohhhhh, Catherine, voyons....vous n'y pensez pas!
Un confrère me disais encore hier que, même avec son budget d'acquisition ultra-réduit, son PO lui imposait encore l'acquisition de certains titres, écrit ou édités par des habitants de la ville...et dénués de tout intérêt pour ses collections...en 2 exemplaires! Tout simplement pour que son bourgmestre puisse se fendre d'une missive du genre 'je suis très heureux de vous apprendre que, suite à votre courrier où vous me suggériez d'acquérir votre ouvrage pour notre bibliothèque communale, j'ai fait transmettre la consigne ce jour au service concerné de procéder à l'achat de deux exemplaires gnagnagna...'

Anonyme a dit…

Piqûre de rappel :

http://fr.youtube.com/watch?v=Be21BdEyEgM

La cirrhose et l'occulte sont les forces qui dirigent le monde.

Z.

Yvonnic a dit…

Chez nous, du moins sur les trois structures que j'ai dirigées, ça se limite à l'achat en plusieurs exemplaires de l'incontournable bouquin dit "de référence" de l'historien local sur l'histoire de la ville ou du canton, souvent un beau livre plein de photos et dont la philosophie générale est toujours un hymne à la gloire de la commune, ses monuments, ses morts et ses grands hommes (dont certains se sont contentés d'y naître, ou, plus rarement d'y être enterrés)
ça me rappelle une phrase d'Irving Berling : "le patriotisme est votre conviction que ce pays est supérieur à tous les autres, simplement parce que vous y êtes né".
Les historiens locaux, aussi appelés "érudits locaux", ont la mème mentalité que des supporters de foot. Ils ont la mème conception de la verité historique que Cesar dans La Guerre des Gaules.

Yvonnic, Propagandastaffel

eric1871 a dit…

le système des marchés permet tout de même d'éviter ça... au moins pour la musique (c'est peut être son seul avantage), et si d'aventure, le document est correctement édité et distribué, ou qu'on nous en fait don, la passage direct en réserve (i.e. aux oubliettes) ne m'a jamais posé de problèmes, ni causé de réclamations...

nescio a dit…

Je ne connais pas ce système des 'marchés'...comment peut-il vous éviter d'acquérir un bouquin que votre bourgmestre vous demande d'acheter?
Quant à l'achat d'un bouquin suivi d'un envoi direct du dit bouquin en réserve, ça ne me fait mal nulle part non plus, mais je ne pourrai qd même pas m'empêcher de penser que cet argent aurait pu servir à l'acquisition d'un bouquin qui aurait vraiment trouvé sa place dans le fonds, qui aurait comblé un manque ou répondu à une demande précise de lecteur...
Encore une fois, tout cela dépend de votre budget annuel d'acquisition...s'il est confortable, no problem...s'il est serré par contre...
Au-delà de tout cela, reste le constat d'un certain nombre d'élus qui ne voient pas qu'intervenir dans le travail d'acquisitions d'un bibliothécaire relève tout simplement d'un abus de pouvoir....sans parler d'un manque de confiance en son professionnalisme et de respect de son travail...

Yvonnic a dit…

Le marché public (obligatoire à partir d'un budget d'acquisition de 4000 euros hors taxe) ne permet effectivement pas de refuser d'acquérir un livre. Il oblige seulement à passer par le fournisseur désigné pour l'acquérir. Si le livre ou le document est indisponible dans le commerce (edition dite "grise", publication associative etc...) les règles des marchés permettent de l'acquérir directement en dehors du marché. Donc, effectivement je ne vois pas comment éviter l'achat.

Pour l'intervention des élus dans les acquisitions (sauf si c'est différent en Belgique), il est faux de croire qu'il s'agit d'un "abus de pouvoir". Le Maire est légalement "responsable des acquisitions" de sa bibliothèque. Le fait qu'il délègue cette responsabilité à un professionnel, ne l'empêche pas du tout d'intervenir directement dans la politique d'acquisition. Si c'est pour "interdire" un achat, il prend ses risques en termes d'image de marque (notamment en France depuis les exactions des Mairies Front National, les maires ont assez peur de l'image de censure qui pourrait leur être accolée), mais pour les "suggestions", il n'y a aucun problème. Le plus marrant c'est que certains maires ignorent qu'ils ont légalement cette possibilité.
Certains bibliothécaires soumettent "pour approbation" la liste des acquisitions avant de lancer la commande. Personnellement , à chaque changement de mandat, je "soumets" pour approbation la liste des périodiques. C'est plus symbolique qu'autre chose, mais je me protège aussi de cette façon contre les réactions de certains publics, réactions qui pourraient remonter au maire etc, etc..

Yvonnic, vallée de larmes

Anonyme a dit…

---->notamment en France depuis les exactions des mairies Front National, etc.

Non mais, vous nous prenez vraiment pour des neu-neu!? Et les exactions dans les autres bibliothèques, alors !!! Le FN, votre grand alibi. Sans lui, que feriez-vous ? Autour de quel totem danseriez-vous pour faire oublier vos propres turpitudes ?

Le sacro-saint "lectorat", les coulées continues d'animations, le chantage à l'enfance, la haine des "intellos" et les retraits qui vont avec, les mangas et le rap à la louche, les bibliothèques Philo supprimées, le manque d'initiative, la veulerie quotidienne, les chefs incultes mais fiers de l'être, les subsides aux "copains", les prix Machin imposés aux écoles, les menaces et les coups en traître dès qu'une tête sort du rang...

Tout ce Barnum putride et démago vaut largement tous les Vitrolles de la Terre. Trouvez-vous un autre épouvantail. Les corbeaux n'ont plus peur !

Zorn

Anonyme a dit…

J'ai une collègue qui lave et qui repasse le linge sale de la chef. (Authentique)

Tout est dit là-dedans.

Z.

Yvonnic a dit…

J'ai une collègue qui s'est vue interdire l'achat de mangas. J'en ignore la raison, mais ça ne lui serait (peut-être) pas arrivé si elle avait élaboré une charte des acquisitions, signée par ses élus.

Si on en croit les commentaires du dénommé Zorn, il s'agit très certainement d'une excellente municipalité...

Etrange retour des choses. Il y a trente ou quarante ans, c'étaient les bibliothécaires eux-mème qui se faisaient prier pour finir par acquerir , en se pinçant le nez, quelques albums de "Bd", regrettable sous littérature à leur yeux, tandis que d'autres faisaient de mème pour la science-fiction. Et de nos jours les mèmes, ou leurs descendants, se battent contre les élus du peuple pour acheter du manga...


Yvonnic,
Jusqu'au bout sur nos Messerschmitt

PS. Je trouve assez répugnant de repasser du linge sale. En plus ça doit encrasser la semelle du fer.
Par contre si c'est celui du chef,propre ou sale, cela devrait être considéré comme un honneur et un motif de promotion.

nescio a dit…

@Yvonnic : croyez-moi, je ne parlais pas de suggestion...il s'agit bien d'un bourgmestre qui ne suggère rien, mais qui impose sa volonté, point barre...
Sinon, ici, il y a bien quelques bibliothèques qui se sont vues imposer ce système du marché par leur P.O...j'avais fait le rapprochement, mais comme je ne voyais effectivement pas le rapport avec les achats 'imposés'...
@Zorn : zen zen, votre réaction me paraît un peu démesurée...'vous montez dans les tours' comme disent les abrutis qui vont, tout ce w-e, tourner autour de mon village au volant de leurs bruyantes bagnoles (ce w-e les gars, c'est LE rallye! fuyez si vous le pouvez encore...)
et avouez quand même que la semelle encrassée par le linge sale, c'était drôle!

Anonyme a dit…

"Je m'énerve pas, J'EXPLIQUE !!!"
(Lionel Jospin)

"Quelqu'un qui monte aussi vite dans les tours ne monte pas assez souvent l'escalier." (Friedrich Nietzsche)

Zorn Grosse fatigue

Yvonnic a dit…

@Nescio. Nous sommes d'accord. J'utilisais le mot suggestion entre guillemets, parce que c'est le délicat euphémisme utilisé par les élus pour ce qui est tout bonnement une commande ferme.
Il n'en reste pas moins que c'est parfaitement légal et qu'il ne s'agit aucunement d'"abus de pouvoir" au sens juridique du terme.(En France du moins, étant donné qu'il n'existe aucune loi sur les bibliothèques territoriales, l'élu local est seul maître à bord).

Seule une législation d’État serait pourtant à même de garantir l’expression du pluralisme culturel en bibliothèque, et de préserver la politique d’acquisition de toute confiscation idéologique. Et c'est bien parce qu'elle n'existe pas qu'il s'est passé ce qui s'est passé dans les mairies Frontistes : les professionnels sont partis parce qu'ils n'avaient aucune chance légale de faire valoir leur indépendance et leur professionnalisme.

Les bibliothécaires s'imaginent que leur diplôme professionnel leur donne un droit inalienable à ce niveau. C'est de la naïveté. Leur diplôme n'est concretement validé que par le recrutement. Et c'est le maire qui recrute. Et le maire peut à tout moment remettre en cause le professionnalisme de son agent, sa "qualité d'expert" comme on dit maintenant. Et nous n'avons rien à dire.

C'est assez clair en fait : nous sommes censés être les garants du pluralisme dans nos bibliothèques mais nous rendons des comptes au maire et à lui seul. Or,lui n'est comptable que devant ses électeurs...

Notre malheureuse Charte des bibliothèques préconise le pluralisme en bibliothèque mais il n’existe aucune définition juridique, ni davantage de législation obligeant une collectivité locale à l’appliquer.

Ceci dit, il est vrai que des municipalités communistes exercent également leurs prérogatives à ce niveau, voire peut-être d'autres couleurs politiques et de façon probablement plus discrête que dans ton exemple de bon de commande ouvertement " socialiste". Et mème au delà de l'appartenance politique, sur un plan plus largement culturel, souvenons-nous de ton billet sur Les Heures claires ou du temps pas si lointain, chez nous, où beaucoup de villes et villages n'avaient de bibliothèques que paroissiales.... Il n'y a pas que le FN. Il y a aussi le poids des associations bien-pensantes, des "familles", des sectes, et j'en passe. Que révèle le débat "pour ou contre" le manga (dont on connait la dimension intrinsèquement érotique)?

Ceci dit, le bibliothécaire diplômé, perché sur sa Charte comme un coq sur son tas de fumier, regardant le petit peuple du haut de son Manifeste de l'Unesco ou son Code de déontologie et autres références prestigieuses, empêtré dans ses limites budgétaires et les influences locales, accroché à son petit morceau de pouvoir absolu, déterminant finalement seul une politique d'acquisitions, est-il pour autant le vrai garant du pluralisme culturel ? Attends, je compte les bons.

Mmoui, a y est..:On est deux. Moi en France et toi en Belgique.

C'est plus que je ne pensais..

Yvonnic,s'il n'en reste qu'un...

Anonyme a dit…

---->Les bibliothécaires s'imaginent que leur diplôme professionnel leur donne un droit inaliénable à ce niveau. C'est de la naïveté...

Professionnel? Professionnel de quoi?

En Wallonie, le diplôme de bibliothécaire n'a plus *aucune* valeur. Les examens de recrutement sont souvent ouverts à n'importe quel niveau d'études. Parfois, on se retrouve en concurrence avec des gens qui n'ont aucun diplôme... mais qui sont mieux considérés parce que, eux, au moins, ne sont pas des "intellos". Bref, la spécificité du titre, vous pouvez l'oublier.

D'autre part, on forme à tour de bras des bibliothécaires Brevetés aux cours du soir, en deux ans, en version allégée. Dans le même temps, continuent à sortir des Gradués, en trois ans, aux cours du jours. Résultat, on engage de préférence des brevetés, pour les payer moins. Ou alors, on sous-paie les gradués en les engageant comme brevetés uniquement. Et "on" vous fait alors bien comprendre que c'est une faveur et que vous n'avez pas le droit de vous plaindre.

Sans parler de la discrimination en faveur des femmes. Combien de fois n'entend-on pas : "Désolé, je préfère engager une femme pour s'occuper des enfants." Apparemment, dans ce sens-là, c'est pas grave, c'est normal. Au revoir Monsieur et acceptez ce coup de pied au derrière! Au passage, admirez la puissance de l'argument : bibliothécaire = s'occuper des enfants. Tiens, tiens...

Que certaines personnes soient encouragées à transformer ce milieu en garderie (tout en bénéficiant de leur statut de victimes professionnelles), cela représente un atout pour le pouvoir: la culture réduite à pipi-popo-les-z'enfants, c'est aussi de la censure.

Bibliothécaire en Belgique? C'est n'être rien, juste un tchinovnik de dernier rang, au milieu des décombres et si jamais votre tête dépasse, les Ubumanistes la trancheront.

Zorn

Yvonnic a dit…

"...et si jamais votre tête dépasse, les Ubumanistes la trancheront."

Je constate que malgré vos propos, la vôtre, de tête, semble toujours bien préservée de ces aléas de carrière. Preuve de votre grand sens des réalités en milieu hostile...

Allons, décidément la dictature belge est tout de mème bonne mère avec ses déviants, reconnaissez-le!

Yvonnic, abri anti-atomique

PS. Mieux que pipi-popo, nous sommes des "créateurs de lien social", parmi d'autres. C'est officiel. Champagne !

Anonyme a dit…

---->Je constate que malgré vos propos, la vôtre, de tête, semble toujours bien préservée de ces aléas de carrière.

Qu'en savez-vous ?
Vous avez des informations sur mon dossier?
Vous êtes des R.G. ?

---->Preuve de votre grand sens des réalités en milieu hostile...

C'est normal. Si jamais ils me virent, je me fous à poil, je hurle que je suis un prêtre païen, je mange mon caca et puis j'entame une grève de la faim. Chuis un pragmatique, moi.

---->Allons, décidément la dictature belge est tout de mème bonne mère avec ses déviants, reconnaissez-le!

Merci aux huissiers.
Et n'oubliez pas de coupez le gaz.

Zorn

nescio a dit…

@Zorn : il y a longtemps que je n'ai plus passé d'examen de recrutement...mais je vous l'accorde, c'était extrêmement pénible de se retrouver face à des politiques qui n'en touchaient pas une en matière bibliothéconomique et qui avaient déjà souvent 'leur' candidat dont l'examen en question était censé 'valider' l'emploi qu'il occupait déjà...J'ai déjà même passé un examen avec plusieurs 'confrères' qui n'a débouché sur aucun engagement, alors que nous, les candidats, étions tous gradués...tout simplement pcq 'le' candidat du pouvoir en place avait raté la 'première manche' écrite de l'examen.
Ceci dit, si je n'en ai pas passé récemment, j'en ai 'fait' passer deux en tant que jury...et -suis-je l'exception qui confirme la règle? - les deux fois, nous avons choisi la personne effectivement la plus qualifiée, sans que le pouvoir n'interfère sur le sexe ou l'appartenance politique...
Et j'ai été extrêmement désolé de voir le niveau terriblement bas de plus de la moitié des concurrents...Certains allaient jusqu'à se vanter de ne pas avoir révisé la législation, alors qu'on ne leur posait que des questions basiques...
Vous dites qu'on forme à tour de bras, je ne connais pas les chiffres du nombre de diplômés qui sortent chaque année, en cours du jour et du soir, mais dans les deux cas, nous n'avions pas plus de 10 candidats...La vérité, c'est que bcp trop de jeunes diplômés veulent du tout cuit dès le départ. Un bon poste ('mettre des cachets, moi?', 'quoi, plastifier?'), à moins de 10 km de leur domicile, avec des horaires 'humains' ('quoi, travailler jusqu'à 18h.30?') et dans une bib qui ait des moyens...
Je ne généralise pas, et je ne doute pas de votre parole qd vous nous faites part de vos difficultés...mais encore une fois, même si votre situation est sans doute loin d'être unique, il y a des coins de Wallonie où l'on peut exercer ce métier avec une certaine latitude et sans être déconsidéré par son P.O...Voilà, je sais que je reviens toujours avec la même rengaine quand j'ai l'impression que vous généralisez trop vite, mais, tout comme vous p-ê, je ne peux simplement pas m'en empêcher...

Anonyme a dit…

C'est fou de voir le nombre de recrues qui veulent devenir bibliothécaires pour "donner le goût de la lecture"... mais qui ne lisent même pas. C'est fou aussi de voir qu'il y ait autant de candidats pour un secteur en pleine crise. En fait, c'est un peu le dépotoir. Tu ne sais rien faire? T'es nul en maths, nul en orthographe, rien ne t'intéresse. Ben, t'es un littéraire, toi. Essaie donc bibliothécaire.

Autre chose à savoir : plus longtemps vous resterez bibliothécaire, moins vous aurez de chances de retrouver un autre emploi. Prêter des livres ou raconter des histoires, ça ne fait pas une expérience professionnelle très crédible.

Les librairies préfèrent engager des gens qui ont le sens de la vente, pas des fonctionnaires. Et l'université engage en priorité des membres de sa secte, car l'université est bel et bien une secte. A la limite, vous pouvez essayer magasinier mais les ouvriers vous lapideront à coups de palettes, aux cris de "sale intello!".

En plus, travailler en B.P. est déstructurant au possible pour la personnalité, cf. le nombre de bibliothécaires qui deviennent alcooliques, qui prennent des drogues pour tolérer le prêt ou qui sont en dépression. Bref, après un tel parcours, aucun employeur sérieux ne voudra de vous... sans parler des femmes car ce métier est un véritable tue-l'amour.

Enfin, après autant d'années à détruire le cerveau des autres et à détruire le sien, qui pourrait encore avoir envie de travailler ?

Zorn le Réprouvé

nescio a dit…

Dites donc, Zorn, c'est l'approche des fêtes qui vous rend si tristounet?
Si presque 20 ans de ce métier me ferment les portes d'autres professions, tant pis, je continue...il n'y a que ça que je sache faire de toutes façons...enfin, sauf tenir un blog plus ou moins droit et cuisiner des ptits plats pas trop difficiles pour -si j'en crois ce que vous écrivez- une des seules femmes que ce boulot n'a pas éloigné de moi à tout jamais...

Anonyme a dit…

Les collègues les plus drôles dans ce "métier" ce sont ces vieilles blondasses ravagées, encore moins motivées que vous, terrorisées à la seule idée du prêt en soirée, mais qui vous donnent des leçons avec leur accent de plouc : "Mé féééé aut' chauuuuze, hééé".

Entre "faire quelque chose" ou "faire autre chose", mieux vaut encore ne plus rien faire du tout.

Pensez global, glandez local.

Zorn

Yvonnic a dit…

"sans parler des femmes car ce métier est un véritable tue-l'amour."

Je sais bien que le mariage n'est pas l'amour, mais ça me rappelle que certaines études il y a quelques années montraient un très fort taux de célibat dans la profession, sans pour autant en citer la raison. J'ai retrouvé une enquête de 1995, réalisée sur un échantillonn représentatif (mais que sur les cadres, tout de mème) en région parisienne, qui nous dit : "Les bibliothécaires et conservateurs de notre échantillon apparaissent comme une population presque exclusivement féminine (94 %), à la moyenne d’âge relativement élevée (80 % ont plus de 39 ans), au taux de célibat important (25 %) et à la forte homogamie, dont les membres sont majoritairement originaires des classes moyennes et supérieures.
Tous sont détenteurs d’un diplôme
de niveau universitaire et possèdent au moins un diplôme professionnel ".

Il y a donc bien une particularité à ce niveau.

Par contre il n'y a aucune etude sur le taux d'alcooliques ou de dépressifs (il me semble que proportionnellement aux effectifs, la palme revient depuis longtemps aux enseignants)

Autre aspect des choses, dans la mème étude : "Les tâches perçues comme les plus intéressantes sont : le renseignement des lecteurs (65 %), l’équilibrage et
le suivi du fonds (53% , l’organisation
ou la réalisation d’animations
(47 %), et le suivi des nouveautés
(41 %)."

C'est donc bien l'accueil (pas forcement le prêt, mais il ne s'agit que des cadres) qui est loin devant.

Yvonnic

PS: "je mange mon caca et puis j'entame une grève de la faim.". Normal. On se lasse de tout, mème des meilleures choses.

Anonyme a dit…

L'accueil, la tâche la plus intéressante?

Fallait faire hôtesse alors. Il y a même des bars pour ça.

Zorn Rouge-Brun

Macabre marc polo a dit…

Sauvez/protéger son couple , annulé une rupture/séparation


Bonsoir a tous
Je me présente Lucette FERRES,
J'avais des problèmes de couple avec mon mari car je n'arrivais pas a faire d'enfants après 16 ans de vie commune avec mon homme et il m'a laissé et a demandé le divorce .Un soir sur le net j'ai vu les coordonnées de ce Mr que je vais vous présenté par la suite qui m'a rapidement faire revenir mon homme et avec ces médicament traditionnels j'ai maintenant 2 merveilleuses filles et un garçon avec mon homme .
Cet homme grâce auquel ma vie a repris son sens s'appel Maître Gbedekpogbe Médium, Voyant, ... sérieux, il vous aide à résoudre tous les problèmes auxquels vous ne trouvez pas de solution.
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