15 mai 2008

Sens unique


Elle, voix plaintive dans le cornet : 'Bonjour, c'est madame...., je suis en train de vider la maison de ma mère, mais je ne sais pas me déplacer et j'ai des livres à venir chercher'
Moi, méfiant : 'Euh, oui, et ils sont dans quel état?'
Elle : 'Oh, pas trop mauvais'
Moi : 'Et c'est quel genre de livres, madame?'
Elle : 'Ben, il y a des 'Nous deux' et des 'Zola', 'Baudelaire'....'
Moi : 'Bon...écoutez, je ne vais pas les prendre, nous ne sommes pas intéressés'
(Silence)
Elle, tentant sans doute de me prendre par les sentiments : 'Bon, ben alors, je vais les brûler'
Moi, écolo dans l'âme : 'Les brûler? Vous pourriez aussi les porter au parc à conteneurs ou les donner à une oeuvre caritative...'
Elle : 'Ben, je sais pas moi, vous pourriez pas vous, les donner à la Croix Rouge, avec une camionnette de la Commune?'
Moi : 'Ah non, ça non plus, ça ne va pas être possible'
Elle, définitive : 'Enfin, on veut rendre service et puis voilà comment on est reçus hein...'

108 commentaires:

Rincevent a dit…

Hu hu hu ! Ce qui me plaît beaucoup, c'est quand des lecteurs débarquent avec des caisses entières de livres. 70 par là, 150 par ici. Et presque tous seront à jeter.

Ça me fait penser à une bd de Margerin qui se passe pendant Noël, où un des personnages pense en regardant son cadeau : "Quel bordel ça va faire dans le vide ordure !" Le principe est un peu le même...

nescio a dit…

si elle les avait amenés, je les aurais pris, quitte à les bazarder tous...et si elle m'avait dit qu'il y avait des choses intéressantes, je serai même aller les chercher...mais là, le ton plaintif et culpabilisateur + 3/4 de romans à l'eau de rose, c'était trop!

Yvonnic a dit…

Faut se méfier quand mème. J'ai eu une bonne surprise il y a quelques années. Un monsieur m'a apporté des fonds de grenier, suite au départ en maison de retraite de sa mère. J'ai eu le plaisir d'y découvrir, dans des cageots qui sentaient le moisi et débordaient de bouquins pas possibles qui partaient en confettis, quelques trésors : des polars de la Serie Noire couverture cartonnée jaune et noire, un exemplaire d'époque de Mein Kampf (bon...), et surtout, la merveille des merveilles, 3 volumes du théâtre de Corneille, edition 1716,couverture cuir, imprimés à Amsterdam, chez L'Honoré & Chatelain, enrichie de figures en taille douce, avec la mention " avec privilège des Etats de Hollande"! J'avais les jambes en coton. Je me suis payé une suée pas pensable. (Je suis un peu bibliophile). Le type, pardon le généreux donateur, était parti sans demander son reste, de peur sans doute que je ne change d'avis en voyant l'état général de ses poubelles. Du coup je n'ai pas eu à me poser de questions de morale. Je les ai gardés pour moi, je n'ai jamais su combien ça valait.

Depuis je prends tout.

Les Serie Noire ont fait le bonheur de quelques copains. J'ai paumé le Mein Kampf au cours d'un déménagement. Mais mes Corneille sont sur ma cheminée, bien en vue, entre deux serre-livres.

On m'a donné aussi récemment des exemplaires de "L'Illustration". J'ai expliqué à la personne ce que ça pouvait éventuellement valoir. Elle voulait s'en débarrasser, parce que tout ce qui lui rappelait trop de souvenirs, vu que son mari, qui venait de décéder etc etc, bref, cadeau. Ils sont en consultation sur place à la bibli.Peu consultés du reste.

C'est étrange cette façon de jeter, de ne pas chercher à savoir,ne mème pas fouiller au fond d'un cageot, de se débarasser d'un objet comme si ça pouvait enlever le souvenir qui y est lié. Mépris du papier, exorcismes, geste charitable pour la collectivité, flemme de jeter soi-mème, ou se déresponsabiliser du fait de jeter soi-mème (vous en ferez ce que vous voulez...) ?

On ne m'a pas encore demandé de venir chercher des livres chez les gens, mais je ne sais pas si j'hésiterai beaucoup...Surtout si c'est au grenier. Ah, les greniers! On construit maintenant des pavillons sans cave ni grenier. C'est dommage.

Avant, en ville j'allais chez les bouquinistes et je revenais fauché. Maintenant que je suis en campagne, c'est un peu comme si les bouquinistes venaient à moi.

Anonyme a dit…

Ca me fait penser à un épisode récent de ma vie professionnelle.
Depuis quelque temps, on nous inflige des stages de management. De toutes les conneries qu'on est tenu d'apprendre, j'ai retenu qu'on doit "fonctionner" par "objectif". OK.
Etant sérieux et obligeant de nature, je me suis donc imposé des "objectifs". Ainsi, celui d'interdire l'entrée de la bibliothèque à une rombière qui n'arrêtait pas de me les casser. Un jour, elle vient avec deux valises de bouquins moisis et, telle une dame patronesse prodiguant les bienfaits aux pauvres, m'inflige une déclaration emphatique sur le don. Là, en manager zélé, je me "repositionne" dans mon "objectif", et je lui dis : "Madame, il est hors de question que la bibliothèque accepte - et a fortiori intègre dans son fonds - un lot d'ouvrages dans un état aussi pitoyable, et dont le contenu doit être à l'avenant." Elle : "Mais... Je croyais...". Moi : "Il n'y a pas de "mais" et il ne s'agit pas de croire. J'ai parlé." La vieille est partie sans mot dire. "Objectif" réalisé, direz-vous. Partiellement (à mon grand dam) car elle vient toujours ; mais enfin, elle m'évite.
Ignatius

nescio a dit…

@Yvonnic : j'accepte tout effectivement, et je me suis même plusieurs fois déplacé...et, oui, comme vous, j'ai déjà fait des découvertes très intéressantes...mais, cette dame-ci, pour les raisons déjà évoquées plus haut, ce n'était vraiment pas possible...
@Ignatius : 'dame patronesse' : ça c'est inssuportable, je confirme, et ça arrive ici de temps en temps aussi...mais c'est une constante déjà lue dans d'autres blogs : les caisses de livres que l'on vous apporte avec l'air de vous livrer des trésors...Quant au fait que vous soyez 'obligeant', je ne doute pas que cela ait frappé la dame en question...

Yvonnic a dit…

C'est vrai que tout ça pose des problèmes. Je crois qu'on est aussi victime de l'image de marque (si on peut dire) des bibliothèques dans le public. J'ai remarqué que la plupart des "gros" donateurs ne sont pas souvent des lecteurs.

En fait on a les deux cas : le donateur persuadé qu'il fait un geste profondément humaniste, un don précieux pour la culture, la collectivité et s'autovalorise de cette façon. Et celui qui se fout totalement du contenu et nous assimile (service municipal oblige) à une annexe de la déchetterie. Le premier est chiant et peut devenir un vrai probleme. Le deuxième est seulement gênant sur le plan pratique mais sans conséquences. Le problème se complique par le fait que le deuxième, le jeteur, se sent souvent obligé d'utiliser les arguments du premier, le valorisateur, pour qu'on accepte de s'occuper de ses débris.

Combien de fois n'ai-je entendu, devant un livre en lambeaux "une petite réparation et vous verrez. Vous avez ce qu'il faut pour ça, ici "

Je sais qu'on a edité un petit papier qu'on distribue systématiquement aux donateurs, leur expliquant simplement que le fait pour nous d'accepter un cageot ne vaut pas engagement de mettre les livres en rayons. Je vous donnerai le texte exact prochainement. C'était suite à la réflexion d'un monsieur qui s'était étonné, des mois après son don, de ne pas trouver ses ouvrages dans nos fichiers. Il faut aussi se protéger des fâcheux. Qui sait ce que va aller raconter au Maire un tordu vexé. Nous ne contrôlons pas la rumeur, son contenu et ses conséquences.

D'un autre côté le fait d'officialiser notre pratique par un document général permet de ne pas tomber dans la pratique d'Ignatius qui se traduit tout de mème par une réaction à chaud et à la tête du client (mème si je suis d'accord avec lui sur le fond, le fait d'inscrire ça dans des objectifs doit pouvoir permettre de passer par le document écrit, non?)

Nous savons tous par expérience combien les gens sont portés à penser que la réponse qu'on leur fait est individuelle, rien que pour eux, donc subjective. Ils n'aiment pas davantage qu'on leur fasse une réponse du style : vous serez traité comme tout le monde. Mais au moins nous sommes clairs et transparents sur notre démarche.

Il y aurait peut-être intérêt à étoffer ce genre de document. Je pense par exemple aux dons massifs de livres-club (France-Loisirs etc...), souvent en très bon état (je dirais mème pas lus, pour beaucoup, conséquence du principe de l'abonnement sans doute, et du choix sur catalogue). Mais, vous l'avez sans doute remarqué : on nous les donne très souvent sans la jaquette. Résultat : taux de sortie zéro garanti. Mème les bénévoles des petites structures ou l'associatif les refuse. Maintenant je les balance systématiquement. Il y a quelques temps une élue m'avait demandé de les garder pour faire un don à une ville africaine dans le cadre d'un jumelage caritatif qui existe chez nous à ce niveau. J'ai obtempéré, mais je n'en pensais pas moins...On leur file déja nos vieux ordinateurs...
Merci pour avoir lancé ce sujet, Nescio, je crois que je vais en profiter pour améliorer le truc chez nous.

nekita a dit…

Nous, on renvoie les gentils "donateurs" sur des asso qui accèptent les vieux bouquins et qu'on a répertorié soigneusement (téléphone, contacts...)
Du coup on n'assène plus des "on n'en veut pas de vos vieux machins", mais délicatement (!), on renvoie le pb aux assos !

je sais pourtant que lesdites assos sont ravies d'avoir ces dons alors que nous, nous ne pouvons pas du tout les traiter...

On loupe peut etre des beaux livres mais c'est un risque (je pense aux "corneille" d'yvonnic !), mais nous sommes bien trop peu de personnel pour pouvoir dégager du temps pour s'en occuper !
Quel problème !
nek

Anonyme a dit…

Mais non mais non, Yvonnic : moi, les France-Loisir, je les conserve précieusement et, de surcroît, je remercie chaudement le bienfaiteur - éventuellement en l'intronisant prospecteur, de manière à ce que la bibliothèque bénéficie, sans débourser un kopec, de toutes les merdes qu'on est obligé de mettre à la disposition des gens et que France-Loisir à l'obigeance d'éditer pour nous. Si cette boîte pouvait faire le même geste philanthropique avec la musique et le cinéma, on pourrait se consacrer à l'acquisition d'oeuvres dignes de ce nom, au lieu d'acheter des Almodovar, Ken Loach, des Benabars et autres Sanseverinos, qui font honte à l'honnête homme.
Quant à régir "à la tête du client" : encore heureux ! Lorsqu'une femme à mon goût est dans les parages, je me mets en quatre - avec des arrière-pensées, vous imaginez bien. Lorsqu'il s'agit d'un poilu ou d'une morue - et surtout si il ou elle a l'impudence de m'importuner -, c'est ni une ni deux : je le leur fais bien sentir, qu'il/elle n'est pas le bienvenu.

Yvonnic a dit…

@nekita
Pas mal l'idée du répertoire d'asso. Je prends. Merci.Je sais qu'il existe aussi des systèmes de bourses aux livres, un système où les dons non intégrés au fonds sont conservés et sont disponibles en permanence, gratuitement bien sûr, pour les lecteurs entre eux. Pour les amateurs de vieux polars en poche, ou des classiques pour les scolaires,les livres club aussi, et meme les revues, ça peut être interessant. Si quelqu'un a des infos sur l'organisation de ce genre de service, je suis preneur.

Trottinette a dit…

Chez nous, c'est moi qui me coltine le tri des dons. Régulièrement, j'enfile mon cache-poussière, je mets un foulard sur mes cheveux, je pique la loque à reloqueter de notre dame d'ouvrage et je m'abîme dans les caisses de dons. Il m'arrive de trouver des perles comme les "Corneille" d'Yvonnic mais je les envoies à la réserve centrale de Lobbes (je devrais creuser son idée!). Nous organisons une broquante de livres une fois par an et nous avons une armoire prêt du comptoire de prêt pour vendre ceux qui n'entrent pas dans nos collections et qui sont encore potables. Mais le succès de ces livres à prix sacrifiés est relatif, on nous demande même de faire des prix de gros ("je vous prends 20 bouquins pour 5 €!"), ce qu'on accepte, trop contents de vider un peu nos réserves.

nescio a dit…

Je fais la même chose, Trotinette : envoi des plus intéressants (que je ne veux pas conserver..) à Lobbes et brocante une fois l'an...le reliquat de cette vente va aux assoc'...

Yvonnic a dit…

Merveilleuse Trottinette.
"je pique la loque à reloqueter de notre dame d'ouvrage"

J'adore voyager à si peu de frais. Qu'on est loin du triste "personnel de service" ,de l'interdit (eh oui) "femme de ménage" ou du politiquement correct (mais peu usité heureusement) "technicienne de surface".

Et, franchement, c'est pas de la littérature, ça ? Essayez en rap, c'est pas mal :

Régulièrement j'enfile mon cache-poussière

je mets un foulard sur mes cheveux

je pique la loque à reloqueter de notre dame d'ouvrage

et je m'abîme dans les caisses de dons.

MERCI!

Anonyme a dit…

@Yvonnic : c'est en effet intéressant d'éditer un papier avec les règles du jeu. Nous les intègrerons dans la charte d'acquisition que nous sommes en train de rédiger
Mais chez nous c'est déjà drastique : Quand de généreux donateurs nous disent qu'ils ont (au choix)
o vidé leur grenier
o expédié leur mère dans un home
o déménagé
Nous leur répondons que nous ne prenons que les livres en bon état (ils le sont toujours, voyons...) et édités il y a moins de 3 ans. Il y a en général un blanc au téléphone. Et nous disons gentiment "merci d'avoir pensé à nous :-) ).
La fois où j'ai trouvé ça le plus jouissif à le dire, c'est à mon échevine qui me proposait une caisse de vieilleries qu'elle n'arrivait pas à vendre en brocante.
Et, à mon sens, il y a plein d'arguments qui devraient nous pousser à refuser les dons de plus de 3 ans :
- Ils ne comptent pas comme accroissement de la collection
- C'est déprimant d'encoder des vieux bouquins
- le personnel a des trucs plus urgents et plus gratifiants à faire que de trier des bouquins pour les bonnes oeuvres ou la déchéterie
- Si nos usagers avaient réclamé ces titres, on les aurait déjà achetés. S'ils ont pu s'en passer si longtemps, c'est que ce n'est pas si important.
- Nous manquons de place en rayon, donc on ne va en plus rajouter des vieilleries
- les biblio communales n'ont pas une mission de conserver toute la production littéraire.
Je sais, je suis dure. Et je passe certainement à côté de merveilles. Mais ( et là je sens que certains vont dégainer leur kalachnikov) je n'ai certainement pas choisi ce métier pour l'amour du papier jaune et cassant ;-)

Catherine

Yvonnic a dit…

@Catherine.
Sur le fond je suis plutôt d'accord avec toi. Les exemples de "merveilles" que je citais se situaient dans une optique bibliophile et n'étaient pas destinés à enrichir le fonds. Et c'est vrai que nous ne sommes pas dans un rôle de conservation.

Là où on peut peut-être discuter c'est sur la durée (moins de 3 ans, pourquoi pas, mais pourquoi?)
et sur les titres. Tout dépend de nos moyens budgétaires et de l'importance que nous accordons aux demandes du public. C'est la vieille question de l'achat des "incontournables". Deux sortes d'incontournabes : les jetables que personne ne demande plus au bout de six mois, et les autres, perpétuellement demandés (c'est parfois surprenant, mais bon...)

Si j'ai peu de moyens je préfère m'en remettre aux généreux donateurs (qui reviennent souvent,notamment pour les abonnés aux livres club type France loisirs) pour avoir le dernier Marc Levy et consorts que de dilapider mon budget dans ce type d'achat. Il y a aussi le cas de séries anciennes, toujours demandées, qui ne sont plus disponibles qu'en poche. Récemment j'ai eu la chance de récupérer trois séries completes (avec jaquette !)de Christian Jacq en grand format. Idem, il y a peu, avec du Bernard Werber. Vu la demande récurrente sur ces ouvrages, j'ai pas fait la fine bouche. Si je pouvais me récupérer quelques séries monumentales (et monumentalement nullissimes, avis personnel) de Fantasy de chez Bragelonne ou Pygmalion, je ne dirais pas non.

Ceci dit, toutes ces opportunités sont quand mème assez rares et ne justifient pas d'ouvrir tout grand les bras aux dons. Globalement tes arguments sont bons. Aller plus loin necessiterait d'entrer dans un débat sur les politiques d'acquisition, la prise en compte de la demande publique, les pratiques de désherbage etc..

Toute la question du débat au départ était surtout de trouver le meilleur moyen d'envoyer balader les gens sans gène sans qu'ils en prennent ombrage et sans se créer trop de contraintes professionnelles. Et là-dessus on est tous d'accord.

Amicalement,
Yvonnic

nescio a dit…

@Yvonnic : 3 ans, c'est parce que, chez nous en Belgique francophone, c'est la loi...si vous entrez un livre de plus de 3 ans dans votre base de données, vous ne pouvez en tenir compte dans le chiffre d'accroissement annuel...Ca arrête bcp de confrères...perso, ça ne me gêne pas trop d'entrer des bouquins de plus de trois ans dans mon catalogue si je suis sûr qu'il vont être utiles...
@Catherine : effectivement, ce n'est pas notre boulot...mais si je devais compter le nombre de trucs que je fais et qui ne sont pas non plus normalement de mon ressort, mais que je fais pcq je fonctionne dans une 'petite' commune...d'autre part, si j'ai tendance à accepter tous les dons (pcq, pour rejoindre Yvonnic, j'y trouve souvent de quoi satisfaire des demandes style 'lecture scolaire' qu'on vient me demander 4 ou 5 fois en une semaine, ou que ça me permet de remplacer des exemplaires en mauvais état...)je les traite aussi selon le temps dont je dispose au moment de la réception. Pas le temps : tri ultra-rapide ou coup de fil direct à une assoc' qui vient les chercher...Du temps : tri plus minutieux...Mais encore une fois, la différence entre une bib de campagne et une bib de ville est énorme, et je comprends très bien ton point de vue...Et je ne vais pas dégainer pacq tu n'aimes pas les vieux livres...

Yvonnic a dit…

Merci Nescio pour les références belges. Par ailleurs il me semble avoir lu quelque part que pour le désherbage, en Belgique, la norme c'était tous les ouvrages de plus de 10 ans, quels qu'ils soient. C'est vrai ?

Ci-dessous le petit texte, approuvé par les élus, qu'on distribue chez nous aux donateurs qui passent nous voir (pas de don par téléphone). C'est pas grand luxe mais c'est assez clair:

A mesdames et Messieurs les donateurs de livres

Madame, Monsieur,

Vous avez eu l'amabilité de proposer des livres en don à votre bibliothèque. Soyez-en remercié.

Nous devons cependant attirer votre attention sur le fait que tous ces livres ne seront pas necessairement intégrés à nos collections. En effet le traitement des dons représente un coût pour nous et la collectivité en général. Non pas en termes d'acquisition, mais un côut de traitement et de stockage. Avant d'être éventuellement mis à la disposition du public, ces ouvrages devront en effet être stockés, triés, catalogués, cotés et équipés, voire renforcés . De ce fait nous n'effectuons ces dépenses que pour les ouvrages que nous aurions été susceptibles d'acquérir dans le cadre de notre politique d'acquisition.

Suivant l'intérêt de leur contenu et leur état physique, les ouvrages que nous ne conserverons pas seront proposés à d'autres bibliothèques ou transformés en papier recyclé.

Attention : nous attirons votre attention sur le fait que les livres-club (France-Loisirs, Livre du Mois etc.) ne seront pas acceptés sans leur jaquette.

Si ce texte vous agrée, nous accepterons vos dons avec plaisir. Dans le cas contraire nous serons obligés de les refuser.
(fin de texte)

C'est vrai qu'on pourrait chipoter sur l'argument économique, dans la mesure où il est difficile à chiffrer, mais le temps d'un agent c'est effectivement de l'argent (ça rejoint l'argumentaire sur la gratuité que j'ai déposé chez Sophie, où il est démontré que le temps passé à percevoir de l'argent coûte plus cher que l'argent récolté, ce qui est économiquement aberrant)

nescio a dit…

Concernant les '10 ans'...selon la catégorie de votre bibliothèque, vous devez assurer qu'un certain pourcentage de votre collection ait été édité dans les dix dernières années. Ce pourcentage varie de 30 à 50 % du fond pour les bibliothèques 'locales'...C'est un des critères à remplir pour etre subsidié. Merci pour le texte 'aux donateurs'!

eric1871 a dit…

Comme je suis responsable du secteur musique, je n'ai pas à me colleter au même genre de dons (ils sont d'ailleurs bien plus rares...)
Il arrive qu'on me propose des vinyles, et ça me crève le coeur de devoir refuser (j'devrais peut être avoir moins de scrupules).
La date d'édition, n'est pas non plus un problème si le disque est lisible : on tombe parfois sur des classiques qui peuvent parfaitement servir d'exemplaire de remplacement ou de complément. Evidemment, le gros des dons est constitué de ces séries à bas prix qu'on voyait au temps de l'exploitation massive du CD, sauf que récemment, j'ai vu apparaître un nouveau type de don : des CD neufs ou très récents, donnés par des abonnés qui, après les avoir numérisés, se débarrassaient de supports devenus encombrants.
Cela m'a permis d'avoir plus d'argent pour acheter de la musique contemporaine tout en pouvant fournir du gangsta rap ou de la tecnho jump au jeune public...

Yvonnic a dit…

Salut éric1871, tu vois que c'est pas difficile. Tu bois un coup ? Attends, je te fais une place...

Il y a un truc qui me tue chez les discos, c'est le nombre de sous-sous catégories musicales qu'ils n'arrêtent pas d'inventer ou de prendre en compte via les ados ! Et après ils se prennent la tête pour savoir où les classer (Le forum Discothécaires est bourré de débats la-dessus, ça m'affole).

gangsta rap ou techno jump ? Que restera-t'il de tout ça ? Il n'y a pas longtemps j'ai lu quelque part que le rock psychédélique des années 60, que je croyais cerner à peu près, sé déclinait en fait en au moins 8 sous-genres aux nuances infiniments subtiles !

Récemment j'ai entendu parler de rock garage, de power pop ,et enfin de rock agricole (qui serait un sous-genre rural du rock Electro).Un groupe de rock agricole (Omni)se définit ainsi sur son site :
"C’est du rock agricole. Né dans un terroir entre mer et montagnes sur les contreforts du Larzac.Un rock imprégné des grands idéaux présents sur ces espaces aux équilibres vitaux et structurés de valeurs paysannes. Une musique simple humblement distillée pour laisser place à la diversité.La diversité des couleurs et des saveurs à mélanger. Un rock agricole coloré et parfumé pour des cocktails pleins de punch."

C'est sympa, mais franchement, d'un point de vue professionnel, on va où avec tout ça ?

Est-ce qu'il n'y aurait pas une pointe de snobisme djeun's chez les discothécaires, pour mieux coller à leur public ado ?

Anonyme a dit…

T'es trop diplomate, Yvonnic : les discothécaires ne sont pas des snobs mais des enculeurs de mouches (j'en suis une - discothécaire, pas enculeuse de mouches -; vous comprendrez donc que je ne calomnie pas). Le site discothecaire_fr est en effet bourré de questions posées par des types angoissés qui se demandent où ils vont bien pouvoir classer tel ou tel artiste. Comme s'il en allait de leur vie. Une fois, j'ai répondu : "T'as ka mett' ça en catégorie "daube"" (car en effet, la musique en question en était, de la daube) ; mais le modérateur, très tatillon, n'a pas apprécié mon subtil humour et a censuré ma proposition. (La censure, autre caractère inné de la profession.) Du coup, cette liste est encore plus lénifiante que biblio.fr : aucun débat (sinon à propos de questions étroitement techniques). Pour des mecs comme ces collègues, et sauf le respect que je leur dois, la démocratie, c'est un risque à conjurer ; faut jamais laisser les gens s'expimer ; toujours soumettre la parole au contrôle de papa-maman. Je subodore qu'ils jouissent ainsi du pouvoir de contrôle ; ça les fait bander de faire le tri entre les bons et les mauvais messages - comme à multiplier les catégories musicales, tels des maniaques du classement.
Jennifer L.

Yvonnic a dit…

Faut pas exagérer, quand mème ! Le site Discothécaires est globalement plutôt sympathique, parfois mème très utile (je pense aux discographies thématiques par exemple, mais aussi aux contributions sur des sujets complexes comme le statut des DVD, la question des partitions ,les procédés de telechargement, etc...). Les commentateurs y sont très réactifs, souvent inventifs, on y sent une réelle solidarité entre pratiquants de terrain d'un métier assez marginalisé, y compris par l'aristocratie de l'imprimé, noblesse de la profession. Non, franchement, c'est assez interessant. J' y ai mème fait un commentaire (correct et constructif) et on m'a répondu ! En tous cas c'est un forum professionnel où les participations révèlent un enthousiasme qui a disparu sur d'autres.

Je me dis quelquefois que voilà des gens à qui il faut bien du courage : marginalisés depuis le début, en auto-formation permanente (il n'existe quasiment rien dans ce domaine : donc ils ont beaucoup plus besoin les uns des autres que les bibs), souvent méprisés au sein mème de leurs structures (comme autrefois les bibs jeunesse par rapport aux bibs du secteur adultes, remember!),le plus souvent absents du discours officiels de nos élites, et dont en plus on ne cesse d'annoncer la disparition à grand renfort d'arguments techniques (fin du support CD) et statistiques (chute de la frequentation)!

A leur place, je deviendrai vite assez méfiant et sur la défensive. Surtout face à des propos dévalorisants comme les vôtres : Vous trouvez que proposer un classement en "catégorie daube" est une proposition intelligente "à l'humour subtil" ? Pas moi (la musique daube n'existe pas, c'est vos oreilles qui ont un problème, consultez.)

Ou alors un probleme de respect des publics,c'est plus grave mais consultez quand mème, on ne sait jamais.

C'est vrai qu'ils ont ce côté maniaque du classement qui m'agace un peu. D'un autre côté on n'est pas tristes non plus sur ce plan là (voir ici mème, chez Nescio's bar, un débat sur le classement des fausses autobiographies). Et puis, c'est vrai qu'il faut tenir compte de tous les publics et que les ados en constituent la majeure partie, et pas la plus facile !

Parfois je me dis que si nos publics-livres étaient aussi exigeants et volatiles que les publics de discothèque, notre profession aurait été obligée d'évoluer très vite et ne se trouverait peut-être pas encrassée dans ses immobilismes et ses tabous actuels.Je pense tout particulièrement à la prise en compte de la demande publique.

Les discos oeuvrent depuis toujours dans l'urgence, la précarité et les questionnements. Nous, nous nous réveillons d'un long sommeil confortable peuplé de certitudes trentenaires qui s'effondrent une à une.

Je gère aussi (pas en accueil) un secteur discothèque et ce sont des questions que je me pose parfois: comment tenir la route face à ce type de public, rester crédible au niveau technique, sans tomber dans un snobisme branché.

C'est en ce sens là que je posais la question à éric, pas pour le traiter d'enculeur de mouches !

Accessoirement, je vous fais remarquer qu'enculer les mouches peut être grave : ça dépend si c'est avec ou sans leur consentement.

De toutes façons vous n'êtes pas équipée chère madame (ça c'est de l'humour subtil)!

Par contre, pour faire chier le monde avec des inepties sur la démocratie dans les forums, vous me semblez équipée grand luxe et toutes options!

Encore une qui confond démocratie et expression, classique...

Anonyme a dit…

Bon, c'est vrai, il y a quelque chose de vrai dans votre réaction : la solidarité (ou l'obligeance) des collègues. On peut demander de l'aide, sur n'importe quoi, et on obtient toujours des réponses. J'ai bénéficié moi-même de cette sollicitude.
Il est juste aussi de dire que le modérateur justifie (parfois) son refus de publier certains messages. Mais la politesse ne rachète pas l'étroitesse d'esprit. C'est bien une conception mesquine du débat professionnel qui l'incite à esquiver tout ce qui touche à la politique (au sens noble), par exemple.
Juste, encore une fois, le constat que vous faites : oui, les discothécaires sont méprisés, ou du moins pas pris au sérieux. J'aurais là-dessus des choses à dire (mais, pour des raisons que je vous passe, ça m'indiffère au plus haut point).
MAIS, que vous le vouliez ou non, la daube existe (en musique comme en littérature). Il faut être un salaud ou un imbécile pour confondre jugements sur les oeuvres et jugments sur les publics (c'est l'argument des cons de la profession... en faites-vous partie ?). Je m'explique sur les termes. Salaud (ou démagogue), celui qui soutient, pour culpabiliser ou interdire le jugement, l'évaluation, que l'on méprise les gens si l'on classe les oeuvres selon leur intérêt. (Pour ma part, j'aime certains trucs qui sont, objectivement, de la daube. Et alors ?)
Imbécile, celui qui ne perçoit pas les différences et qui croit de bonne foi que le cuir et le skaï, c'est la même chose.
Enfin, je ne peux pas ne pas relever, chez vous, cette contradiction : la démocratie ne s'oppose pas à "l'expression" ; elle est l'expression. J'ajoute que, dans son sens le plus fort, elle est l'expression qui "fait chier", comme vous dites : celle qui nous oblige à prendre en compte l'autre, c'est-à-dire celui qui n'est pas moi et qui, parce qu'il est différent, me place dans la position de faire face à et prendre en considération à l'altérité.
On en revient ainsi aux acquisitions : le "snobisme branché" dans la musique (quoi, par exemple ?), c'est aussi ce qui fait la diversité. Mais, comme votre seul souci est de rester en phase avec votre public - un public, un goût, une musique comme disait... Hitler -, je vous laisse avec Céline Dion, Johnny H., et tutti quanti.

eric1871 a dit…

euh... j'voulais pas lancer une polémique hors-sujet, si j'ai précisé des sous-genres, ce n'est pas parce que je les utilise mais pour dire que je n'aurais pas commandé ces disques, parce qu'effectivement, ils risquent de passer de mode rapidement.
Nous avons un rayon Rap/Hip hop et un rayon "musiques électroniques" dans lesquels nous essayons de représenter toutes les tendances, mais sans les distinguer (sauf éventuellement par des mots matières).
Pour ce qui est du rock garage et du power pop, j'aurais tendance à les classer ensemble, pas besoin de faire dans la différence subtile, on sait que dans le Metal, par exemple, presque chaque groupe constitue un sous-genre à lui tout seul, ça en devient ridicule.
J'ai coutume de dire "Un disque doit être classé là où le public va le chercher" (et parfois contourner ces règles pour surprendre les butineurs) et aussi "Si ça marche pas à un endroit, on le mettra ailleurs".
La multiplication de sous-genres ou la sodomisation de diptères, c'est pas mon genre. On peut quand même dire qu'ils ont beau jeu de nous critiquer ceux qui n'utilisent que l'ordre alphabétique dans leur rayon littérature, ce qui permet de classer Musso et Murakami sur la même étagère...

En résumé, pour répondre à Yvonnic, en secteur musique, nous sommes contraints de s'adapter à la façon dont le public classifie, et non comment les professionnels le font, la difficulté c'est de savoir à quoi peuvent correspondre des étiquettes dans toutes sortes de domaines, et cela, c'est à l'appréciation de chacun, et le manque de formation pointé un peu plus haut n'est pas pour apporter de la cohérence dans la profession...

Anonyme a dit…

Franchement : y a-t-il vraiment besoin de "formation" pour ranger les différentes sectes de metal (par exemple) ? L'important, ce n'est pas le classement, mais le contenu. Comme vous le dites, la question du classement est essentiellement une question d'ordre pratique : il doit répondre au sens pratique du lecteur, même au prix d'incohérences intellectuelles. Par contre, aucun système de classement, aussi rigoureusement appliqué soit-il, pourra faire que votre fonds jazz soit de bonne tenue. Pour ça, en effet, il faut une (auto)formation.
J'en connais qui vous chient des pendules quand ils constatent qu'une bib classe les films au titre et non au réalisateur. Comme si le fonds vallait pour son classement plutôt que pour ce qu'il contient. Ces abrutis ont même tenté, il y a environ un an, une prise de pouvoir par le biais d'une "théorisation" de la question, menée tambour battant par un ponte de la profession. La profession, justement, a poliment répondu par le silence à cet exercice de masturbation. Comme quoi, tout n'est pas perdu.

eric1871 a dit…

Le classement ne me pose aucun problème, du moment que n'importe quel agent de la médiathèque est capable de l'expliquer...

Yvonnic a dit…

OK. Moi ce qui me plait dans ta réponse c'est la référence au public. "Un disque doit être classé là où le public va le chercher". Et aussi le fait que "n'importe quel agent de la médiathèque est capable de l'expliquer". Dailleurs Horrificus Anonymus (Anonymus est le nom d'un groupe metal quebecquois) est d'accord puisqu'il dit aussi que cela "doit répondre au sens pratique du lecteur".
ça va beaucoup plus loin qu'on ne le pense ce genre de réponse. D'abord ça met de fait "les publics au centre" de nos préoccupations. ça redonne un sens nouveau au catalogage (je catalogue pour qui, pour moi, pour faire mon petit BNF, ou pour les usagers ?)ert ça justifie les pratiques ddes gens qui vont plus loin la-dedans, notamment ceux qui remettent en cause la Dewey (et il y en a de pls en plus). La PCDM4 ne souffre sans doute pas des mèmes tares que la Dewey, vétusté et élitisme, mais vous finirez par la remettre en cause, sans doute beaucoup plus facilement que nous, surtout si vous êtes aussi réactifs et attentifs aux publics. Et vous l'êtes en partie ausi parce que vous n'avez pas envie de continuer à perdre vos publics alors que les bibs découvrent tardivement cette réalité (et mème la refusent...).

Petit probleme pratique (excuse la question du néophyte), mais quel choix fait-on quand un chanteur ou un groupe "donne" dans plusieurs genres très différents (c'était très fréquent à l'époque pop-rock notamment)? Et que fait-on quand il chante un fois en anglais et une autre en français. Tiens, c'est le cas du dernier album de Garou par exemple. Je classe où ? Dans la mesure où ce qui m'importe, comme tu le dis bien, c'est que le public s'y retrouve ?
On bute la-dessus de temps en temps : la tentation de l'étiquette ou du refus de l'etiquette est une chose, mais si c'est mouvant ? Je ne prendrais pas Halliday ou Dion, ça ferait trop plaisir à Monstruosis Anonymus Horribilis, mais il faut bien reconnaître que c'est assez fréquent comme situation, non ? Quand Cabrel dit lui-mème "je suis rock et folk" et qu'effectivement il reprend dans son dernier album du Creedence et du Dylan, je le met en chanson française à son nom et basta ou autre chose ? Quand tout le monde a tâté du disco il y a trente ans, y compris Sheila et Verchuren (si), je fais comment ?
Je suppose que ce sont des questions qui doivent agacer un discothécaire, mais bon, il s'agit bien de trouver une cohérence, sans couper les cheveux (de la mouche) en quatre et en suivant l'instinct de classement de la majorité des publics. Pas commode quand mème, non ?

Yvonnic a dit…

Excusez les fautes de frappe, le manque de paragraphes et tout ça. c'est pas mon genre, j'aime bien faire propre sur soi.

Mais d'une part j'avais envie de pisser (ça s'est bien passé merci, mais à mon âge faut pas attendre, quand le train passe faut le prendre..) d'autre part, plus j'écrivais plus je me disais que je m'enfonçais dans trucs vaseux à passer pour un con. J'écrivais à reculons.
Et puis j'aurais pas dû citer Sheila, je m'en veux... Décidement, on a beau essayer de faire djeun's, comme disent les vieux, on a les références qu'on peut.
C'est comme les yeux dans le potage, t'as beau touiller ça remonte toujours à la surface..
Je sens que j'ai encore une petite baisse de moral, moi.

Bon, Eric, je t'écoute.

Anonyme a dit…

Yvonnic.
Le problème que tu poses, on y est en effet confronté tous les jours... mais finalement pas plus qu'un collègue du secteur adulte (je le sais, j'en viens). Par ailleurs, c'est là qu'intervient l'intégriste (ou l'enculeur de mouches). Celui-là va se dire qu'il faut absolument classer tout Zappa en rock ; son homologue de l'autre secte soutiendra qu'il faut le mettre à la fois en jazz en rock et en musique contemporaine. La personne saine d'esprit mettra tout ça là où les gens ont le plus de chance de le trouver, sans s'arrêter aux incohérences possibles de son choix. De plus, elle n'interviendra pas sur discothecaire_fr pour demander, angoissée, comment les autres ont fait pour classer un inclassable, comme si il en allait de sa santé mentale.
Questions/Réponses diverses : en quoi la Dewey est-elle "élitiste" ? C'est un système de classement daté, certes, et comportant donc pas mal de bizarreries et d'incohérences, mais c'est tout.
Par contre la nouvelle classification musicale, indexée sur la Dewey (tell me why ?), ça c'est du délire.
Garou, Cabrel etc : personnellement, je classe ça en daube - cote sujette à l'inflation, malheureusement. Un grand avantage tout de même : une fois que les lecteurs l'ont repéré, ce rayon merde, ils savent où trouver tous les produits "vus à la télés" sans m'emmerder.

eric1871 a dit…

euh... j'sais pas par quoi commencer... Tout d'abord, notre classement permet, en jazz et en rock en particulier, de grouper un même auteur avec ses différentes périodes (je n'utilise pas la PCDM4 mais une PCDM3 largement modifiée).
Pour ce qui est des artistes qui produisent dans des genres vraiment différents, je n'ai pas de scrupules à avoir un album de Meshell Ndegeocello en jazz et d'autres en "pop/rock", je pense au contraire que ça peut permettre aux butineurs de découvrir de nouvelles choses. Quand je disais que je n'hésitais pas non plus à ne pas appliquer mes propres règles, cela avait aussi cet objectif : surprendre.
Et, au cas où, il reste toujours le principe N°2 : "Si ça va pas, on change". Par exemple, récemment, je me suis demandé quoi faire avec des albums d'Ute Lemper (un de mes prédecesseurs devait beaucoup l'aimer), on la trouvait donc en variétés internationales, en musiques du monde, Allemagne, et aussi en chanson francophone, plutôt que de désherber d'un coup, je me suis dit que ça serait peut être intéressant de la classer à son pays d'origine... A l'exception d'un album tout en français.
En fait, ce qui pose le plus de problèmes, ce sont les musiques instrumentales qui ne sont ni du rock, ni du jazz, ni de la musique contemporaine... personnellement, j'ai choisi de ne pas développer une classe "fourre-tout" de musiques nouvelles...

Mais ce qui m'intrigue le plus, c'est la condescendance de gens comme Anonymus envers les goûts du public, peut être n'achète-t-il pas non plus Musso ou Gavalda ? Certes, nous avons ici aussi un rayon daube, réservé justement aux dons sélectionnés de France Loisirs et autres produits du terroir (de l'art de revenir au sujet), d'ailleurs très appréciée d'une certaine catégorie de lectrices, et c'est justement ça qui m'interpelle , comment prétendre mettre l'abonné au centre si on ne tient pas compte de ses demandes ?
D'autre part, j'ai la volonté de représenter un maximum de genres et d'époques, et comme la chanson francophone représente le secteur le plus important en nombre de prêts (cela touche tous les publics), je me dois de représenter tous les artistes importants, et Cabrel en fait partie, Céline Dion aussi, il me semble que le premier a d'autres qualités qui lui permettent d'avoir plus d'albums en bac... Je me demande dans ces conditions ce qui n'est pas de la daube à vos yeux, mais peut être aurais-je aussi un point de vue différent là-dessus.
Pour en revenir aux publics, je n'oublie pas que la part la plus importante en musique est constituée par ceux qui ne téléchargent pas (très loin devant les mélomanes) et qu'ils sont dans la tranche 35-49 ans, et très demandeurs de musiques de leur jeunesse et de choses médiatiques.
J'ai trop entendu : "De toutes façons, y'a rien dans votre médiathèque", avant d'avoir en charge le secteur musique pour ne pas en tenir compte.
D'ailleurs, j'ai même développé un rayon "musique d'ambiance" où l'on peut trouver pas mal de succès dansants et même du karaoke pour les gens qu'ont pas d'imagination pour les soirées , parce que si je ne fais pas ça, ça ne sert pas à grand chose que j'entretienne des fonds de musique savante.

Anonyme a dit…

Que ce soit clair : les daubes, j'en ai, et même beaucoup. Cela ne me pose aucun problème. D'ailleurs j'en écoute aussi moi-même, avec plaisir, mais sans ignorer leur qualité de daube. Il faut en finir avec les scrupules de chochottes, avec cette réticence hypocrite à juger. Ne serait-ce que parce quand on juge une oeuvre, on ne juge pas un goût (= une personne).
Par ailleurs, si les gens sont en droit (il faudrait néanmoins préciser le sens et l'usage de terme) de trouver dans les collections les trucs qui les branchent, la bibliothèque ne peut pas être le reflet des goûts du jour. Elle a une autre exigence, c'est-à-dire une autre raison d'être. On en revient toujours à la même chose : offrir des collections à la fois cohérentes et diversifiées. Tout est une question d'équilibre - un équilibre qui est toujours problématique, contestable et contesté par les uns et les autres. Il faut accepter de travailler dans l'incertitude, tout en assumant ses choix (c'est ça, il me semble, l'esprit une politique d'acquisition).

eric1871 a dit…

je préfère ça.
Maintenant, à qui vais-je faire don de ma bibliothèque personnelle (et de ma discothèque aussi, pourquoi pas ?), lorsque je n'en aurai plus l'utilité ?

Yvonnic a dit…

Une question à Anonymus & Cie : Quelle est la signalétique utilisée pour le bac daube, le bac merde, le bac vu à la télé ?

Pas de bonne mediathèque sans bonne signalétique, pour une bonne autonomie du lecteur.

Alors ?

@eric
Bravo d'avoir remarqué la condescendance d'Anonymus envers les goûts du public.
Le dico nous donne quelques synonymes de condescendant : dédaigneux, hautain, supérieur .

Ceci dit, s'il faisait le dixième de ce qu'il dit, il ne serait plus dans ce métier depuis longtemps, donc pas d'inquiétude. Je suis persuadé qu'il est affable, souriant, disponible, et qu'il a acheté deux exemplaires du dernier Gavalda...

Bien vu pour les publics : effectivement les ados sont minoritaires mais empruntent beaucoup plus et consomment beaucoup plus vite, sur des créneaux de genres très restreints,d'où le problème. Alors que la tranche adulte est majoritaire en emprunteurs mais plus lente, et tout aussi exigeante mais sur un éventail musical hyper large (ce qui nous oblige à rester très diversifiés dans nos choix. Toujours garder une petite place budgétaire pour le musette, l'operette, les chansons pour mariages, les fanfares, la chanson de marins, les polyphonies corses, le grégorien, le folklore local etc...)

Se méfier toutefois des idées toutes faites du style " ils aiment la musique de leur jeunesse". J'ai constaté chez moi que la pop et le folk des seventies fait un bide total chez les quinquas alors que le disco type Boney'M en compil des mèmes années fait un tabac chez les 15-20, presqu'autant que la techno actuelle. Va comprendre, Charles...

Par contre le jazz , et le très pointu souvent, cartonne chez les quadras et plus. (Et là je rejoins Anonymus, faut une sacrée bonne auto-formation pour tenir la route niveau jazz)

Anonyme a dit…

Yvonnic : il faudrait cesser de ressasser cette ineptie dans laquelle se complait une grande partie de la profession : critique sévère des oeuvres = jugement méprisant (condescendant...) porté sur le public qui les apprécie. Cette sentence est stupide (et en dit d'ailleurs plus sur ceux qui l'énoncent que sur les pratiques qu'elle pointe). Mais je n'éprouve même plus le besoin d'en discuter avec les imbéciles qui estiment avoir tout dit lorsqu'ils ont seriné leur missel (et là, j'en conviens, il y a de la condescendance ; mais que voulez-vous, je ne peux pas me résoudre à accepter les poncifs comme de la pensée). "Supérieur" ? : Oui, mais seulement dans l'exigence que je mets à critiquer les évidences et les credos professionnels.
Quant à Gavalda et Cie : pourquoi irais-je me casser le cul à les passer en commande alors que les collègues s'en chargent ? En d'autres termes, je m'oriente vers la recherche de titres moins évidents et - croyez-le ou non - avec le souci de penser à la réception de l'oeuvre et à la manière de la signaler.
On aura un peu avancé lorsqu'on aura répondu à cette question simple : y a-t-il un enjeu (culturel, d'éducation, de maintien de la diversité culturelle...) à "démocratiser" Gavalda, Norah Jones, Luc Besson, etc ?

eric1871 a dit…

tu dis "démocratiser", je suppose que tu penses "institutionnaliser" ou quelque chose d'assimilé (j'ai eu un peu du mal à déceler l'ironie dans tes propos jusqu'ici, peut être parce que je cherchais à réfléchir trop sérieusement moi-même), évidemment il n'y a nul besoin de démocratiser ce qui est déjà médiatique. Les collègues avancent souvent l'argument "produit d'appel", personnellement, j'en suis revenu... avec des nuances toutefois.
Certes avoir les derniers chouchous des animateurs TV ne nous apporte aucun public supplémentaire, mais pouvoir dire : "oui bien sûr nous l'avons" quand un visiteur nous assène : "bien sûr, vous n'avez pas le dernier machin" ou orienter l'abonné sur une (vraie) chanteuse de jazz parce qu'évidemment le disque de Norah Jones est sorti.
Je l'ai évoqué déjà, je crois assez au butinage, et des repères familiers retiennent les gens dans les rayons (cela dit, je me rends compte en écrivant ces lignes que je dois donner l'impression d'être assez riche pour commander sans compter, ce qui d'ailleurs n'est pas si faux), et puisqu'on parlait de jazz, le syle "jazzy" se doit aussi d'être représenté...
Pour la vidéo de fiction, il y a une problématique légèrement différente : outre le fait de représenter le patrimoine et/ou l'histoire du cinéma, il existe une nécessité qu'on ne peut négliger concernant les films populaires, celle de pallier les carences des vidéos clubs... Non bien sûr avec des films multi-rediffusés comme ceux de Besson, mais là encore, iil y a un équilibre difficile à trouver.
Cela m'amène à évoquer un rôle social de nos médiathèques qui incite, je pense, mes collègues à toujours accepter les cartons de dons même s'ils vont directement à la benne, rôle qui veut que, pour certaines personnes, nous sommes un lien indispensable à leur vie sociale et qui implique qu'on puisse leur offrir un minimum des daubes qu'elles ont envie de consommer même si cela implique de s'asseoir sur, comment dit-il déjà ? l'enjeu culturel...

nescio a dit…

@anonyme : "On aura un peu avancé lorsqu'on aura répondu à cette question simple : y a-t-il un enjeu (culturel, d'éducation, de maintien de la diversité culturelle...) à "démocratiser" Gavalda, Norah Jones, Luc Besson, etc ?" si par 'démocratiser", vous entendez 'mettre à la disposition de tous', la réponse, en ce qui me concerne est oui, sans aucun doute...le dernier gavalda : 25 euros (en Belgique, certains éditeurs appliquent encore la 'tabelle', d'où la différence de prix avec la France), le dernier Musso et le dernier Levy devaient tourner autour de 22 euros...Le public est matraqué par ces trois noms. dans ce public, il y a des gens qui ne peuvent se les payer. Il y en d'autres qui peuvent se les payer, mais qui ont tout simplement envie de les lire et pas de les acheter (parce qu'ils savent pertinement bien que ce n'est pas de la 'grande littérature'...). Ne pas les acheter et les mettre en prêt dès leur parution, c'est conforter l'idée encore trop répandue que la bib, c'est pour les intellos (et ici, à la campagne, croyez-moi, ce cliché a la vie dure)...Comme disais l'un d'entre vous, c'est une question d'équilibre (j'ai fait un billet là-dessus, il y a deux ans, alors que je carrelais ma cuisine)...faut pas acheter que du Musso ou du Levy (ça aussi, on en a déjà parler) et, pq pas, se servir d'eux pour entraîner vers d'autres lectures...Les fameux 'produits d'appel'. Donc l'enjeu, il est là : bib 'élististe' (du point de vue d'une certaine catégorie de gens, les fameux 'non-publics') ou bib qui tente d'amener quelques nouveaux lecteurs chaque année à pousser sa porte? Normalement, c'est ici que Zorn dirait 'mais pourquoi les amener dans les bibliothèques? pourquoi les faire lire?'
@eric : "Cela m'amène à évoquer un rôle social de nos médiathèques qui incite, je pense, mes collègues à toujours accepter les cartons de dons même s'ils vont directement à la benne" : ici aussi, on a tendance à tout accepter : c'est un village, si vous refusez, vous passez pour la grosse tête qui refuse que les petites gens lui viennent en aide...on a vite fait votre réputation...et -même si personnellement, je m'en tape de ce que disent les gens de moi- lorsque ça peut nuire à l'image du service, j'évite de faire des vagues...sans compter que ça rejaillit sur l'ensemble des services publics communaux...'à la commune, ils foutent rien, et en plus, quand on leur apporte des cadeaux pour les aider, ils refusent'...Maintenant, le post d'origine vous indique aussi que malgré tout, faut pas nous prendre pour les brocanteurs du patelin...

nescio a dit…

zut, une faute d'orthographe...'on en a déjà parlé' of course...

Anonyme a dit…

Je ne sais pas qui est ce Zorn mais oui, en effet : pourquoi ce fantasme du plein ? De la bibliothèque remplie de monde ? D'un "taux de pénétration" (ça me fait marrer cette expression) maximum ? Pour lire quoi ? Dans quel but ?
Le problème, aujourd'hui, c'est qu'on ne se pose plus ces questions - dont les connards (vous voulez des noms ?) ricanent.
Et maintenant, quelques réponses suggérées par les propos de Eric et Nescio :
- "On a vite fait votre réputation". Réponse (de Brassens" : "Les braves gens n'aiment pas qu'on suive une autre route qu'eux". Reformulation : quelle différence faites-vous entre la nécessaire "familiarité" qu'un lieu comme la bibliothèque ne saurait négliger sans se couper des lecteurs, et le conformisme ?
- Ironie d'Eric sur "l'enjeu culturel" : l'enjeu culturel, ce n'est pas la recherche de la distinction en matière de culture (c'est très facile d'être pédant et de se distinguer du "vulgaire") ; c'est tout simplement affirmer la diversité : savoir, par exemple, que la philosophie, ce n'est pas seulement Onfray ; il y a d'autres philosophes didactiques et autrement intéressants ; que je jazz, ce n'est pas Norah Jones mais Anita O'Day (qu'y a-t-il d'"élitiste" dans le fait de signaler Anita O'Day, hein ?). Après, on peut très bien préférer NJ à AOD ; mais encore faut-il connaître la seconde (autrement dit que la bibliothèque ait ses oeuvres) ; que, non, "Le grand bleu", ce n'est pas un "classique" - sinon un classique de la daube (y en a) - mais que "l'homme qui aimait les femmes", oui. Etc.
Bref, la diversité culturelle c'est permettre le choix (et, si possible, un choix structuré). On peut, bien sûr, considérer que la bib n'a pas cette vocation.

eric1871 a dit…

je crois qu'on est d'accord sur la nécessaire diversification de l'offre et sur le pourquoi de la chose.
Le Zorn que cite Nescio doit être Fritz et non John (dont chaque disque suscite des débats tant sur son acquisition ou non que sur son classement)...

nescio a dit…

1/"Reformulation : quelle différence faites-vous entre la nécessaire "familiarité" qu'un lieu comme la bibliothèque ne saurait négliger sans se couper des lecteurs, et le conformisme ?" : la liberté conservée d'en envoyer paître certains (parfois sèchement d'ailleurs..)lorsqu'ils nous considèrent paternalistement 'à leur service'...
2/"Bref, la diversité culturelle c'est permettre le choix (et, si possible, un choix structuré). On peut, bien sûr, considérer que la bib n'a pas cette vocation." : tout comme Eric, entièrement d'accord...
Ah oui, Zorn est un habitué 'volage' de ce blog, voyez les commentaires plus anciens...Ca pourrait être vous, monsieur 'anonyme', vous développez -de manière plus soft- des opinions assez proches...

eric1871 a dit…

On peut considérer que notre rôle de médiation culturelle est de guider le public dans ses choix... sans perdre de vue l'écueil majeur : nos propres goûts...
Tant de fonds de médiathèques reflètent par couches successives ceux des divers responsables des acquisitions qui s'y sont succédés...

Quant à la familiarité avec l'abonné, et bien je résolvais facilement ce problème à mes débuts par ma froideur naturelle et une application sans concession du règlement intérieur... évidemment, cela ne saurait durer toujours, parce qu'on côtoie forcément un "noyau de gens" dans les manifestations culturelles, parce qu'en étant organisateur soi-même, puis acteur, on se montre sous d'autres jours, et surtout parce qu'à parler toute la journée de musique on finit par devenir prescripteur pour toute une série de gens...
Alors résoudre cette proximité... parce qu'on a été strict au début, on a gagné aussi une réputation d'intégrité, et si on n'a justement jamais sèchement renvoyé dans les cordes un abonné qui dépassait les limites, je crois qu'on peut, avec un sourire et un peu de diplomatie, arriver à recadrer même ceux qui finissent par se sentir chez eux et ont des vélléités de mettre les pieds sur la table.

Anonyme a dit…

Le docteur Zorn, c'est moi. Je passe pour la piqûre de rappel.

La culture et toute l'éducation permanente ne sont qu'un vaste programme d'abrutissement et de contrôle mental de la population.

Nous sommes dirigés par des forces occultes. Le pouvoir n'est pas là où il se montre mais là où il se cache.

Dans ce monde réellement renversé, le vrai n'est qu'un moment du faux. Vos consciences sont droguées, vous devez vous réveiller.

Brûlez vos livres, cassez vos télés, c'est la même chose.

Zorn

nescio a dit…

Ben voilà, suffisait de demander...on est tranquilles pour combien de temps maintenant qu'on a eu cette piqûre de rappel?

Yvonnic a dit…

@nescio et Eric

L'ecole de la ruralité. Ou de l'annexe de quartier, dans les villes où cette notion a conservé un sens. Indispensable pour comprendre ce qui fait l'essentiel de nos missions ? Je le crois de plus en plus.

L'elitisme c'est l'exclusion. Il n'y a pas à sortir de là. Et cela passe aussi par l'argent, comme nescio le souligne très bien. Et si l'argument financier était le seul qu'on puisse apporter pour justifier notre rôle, il suffirait encore.

Nous avons bien un rôle social, quelle que soit la hauteur des enjeux culturels que nous voulons y ajouter.Et il prime sur le reste parce qu'il est la condition du reste. Les bibliothécaires très pauvres ne peuvent finalement jouer aucun rôle.

Et l'exercice correct de ce rôle social passe aussi par tout ce que nous véhiculons dans notre image personnelle.D'accord avec Eric sur : "Tant de fonds de médiathèques reflètent par couches successives ceux des divers responsables des acquisitions qui s'y sont succédés...". Archéologie des élitismes, strates honteuses de l'exclusion , preuves fossiles oubliées du désherbage.

@Anonyme . "Quant à Gavalda et Cie : pourquoi irais-je me casser le cul à les passer en commande alors que les collègues s'en chargent ? " Vous ajoutez à votre mépris des publics celui de vos collègues, tout juste bons à se charger des basses besognes d'acquisitions populacières ? ça devient lourd tout ça....
Quelle est votre notion du travail d'équipe ? Un intelligent partage des tâches, je suppose.

Content d'avoir revu Zorn. Il me semble se radicaliser de plus en plus,ce bon docteur...Il devait publier, il me semble. Dommage que nous ne puissions en profiter.

nescio a dit…

"Les bibliothécaires très pauvres ne peuvent finalement jouer aucun rôle." : sauf celui d'accueillir les généreux dons...je rigole, je suis d'accord of course...Quant à Zorn, il dit avoir déjà publié, mais comme il veut garder l'anonymat, il n'en dit pas plus...

Anonyme a dit…

Yvonnic. Non, mec : le mépris, je vous le laisse (voyez plus loin). Par contre, c'est pas d'ma faute si certains collègues ont des "pratiques culturelles" qui ne dépassent pas le niveau imposé par les stratéges du marketing. Je tente bien de les intéresser à ce qui est intéressant. Mais quand on a pour ambition de rester un spécialiste du manga, l'échange est forcément limité.
Zorn : manifestement, vous n'avez pas brûlé les écrits situationnistes, hein ? Quant à brûler tous les livres : non, ne serait-ce que parce que parmi eux, on trouve les textes de Bakounine, et que Bakounine, c'est la dignité - dimension qu'on cherche en vain dans les machins que vénère Yvonnic. Eh mec (2), pour ta gouverne : I was born under a bad sign, en d'autres termes dans un milieu de prolos ; et c'est pas pour ça que je leur réserve du Gavalda, aux prolos. Si c'est pas du mépris ça (la littérature à ceux qui en sont dignes ; la production en série pour les autres), je me m'appelle plus Anonymus.

nescio a dit…

@Anonymus : je n'ai jamais lu qu'Yvonnic réservait Gavalda aux 'prolos'...il dit simplement ne pas les exclure de ses acquisitions...et entre les lignes, je crois lire que s'il ne les achète pas, les 'prolos' ne resteront guère dans sa bibliothèque...et qu'il n'y aura donc aucune chance pour lui de leur faire découvrir Bakounine...

Anonyme a dit…

Oh, Gavalda, c'était en quelque sorte un nom collectif pour désigner cette production dont on se dit qu'il faut l'avoir pour faire venir les masses. Autant dire attirer les mouches avec de la merde, non ? On est à l'heure de la "culture de l'évaluation", et pas un de ces ploucs qui manient la novlangue n'a eu l'idée d'évaluer cet argument spécieux qui veut que l'ersatz soit nécessaire. Voilà un préjugé, conscieusement entretenu.
Les prolos : vous les avez déjà vu en bib - Gavalda en triple exemplaire ou pas ?

nescio a dit…

Au risque de vous étonner, oui. Et pourtant je n'ai qu'un seul exemplaire du dernier Gavalda...mais j'ai plein de policiers, de biographies, de terroir, de BD, de fantasy et de mangas...notamment!

Yvonnic a dit…

C'est marrant mais je me disais qu'il y a aussi quelque chose de ludique à acheter d'un coup en plusieurs exemplaires. Pas en deux fois, c'est de la triche.
Il y a le truc facile, par exemple le dernier Pennac, là j'ai gagné, mais c'était facile. Recemment j'ai misé sur Camarades de classe de Daenincxk. Je me suis planté grave. Pas un des deux exemplaires n'est sorti à ce jour je crois.

J'avais pourtant pris mon air inspiré du dimanche et j'avais misé sur le triple effet kisscool : le nom d'un auteur connu, la mode de l'autobio ET l'effet 68. Un livre au sujet interessant (ces anciens gamins de cité prolo des sixties qui cherchent à se retrouver sur camaradesdeclasse.com, leurs parcours si différents,marqués par l'après-68,tout ça), et bien écrit en plus. Totalement autobio, c'est un gamin d'Aubervilliers. (J'aime bien Daenincxk, mais je le préfère dans ses non-polars, surtout Itinéraire d'un salaud ordinaire.)

Bref donc j'avais tout pour gagner le tiercé dans l'ordre, et en plus j'aimais le livre, c'est rare. Et ben non, foiré.

Pourquoi je me suis planté ? Et que c'est bien fait pour moi ? Parce que j'ai eu la prétention d'anticiper sur la demande des gens, je me suis cru anticipateur, tout-puissant comme beaucoup d'entre-nous, et sur des critères idiots en plus: Les gens n'aiment pas Daeninckx enfant d'aubervilliers, ils aiment l'auteur de polars. Et 68, ils n'en n'ont rien à faire . Mon expo thématique sur Mai 68 a dailleurs fait long feu.(J'ai lu les resultats des ventes sur Livres-hebdo il y a peu, c'est le bide du siècle. Ils titrent dailleurs "commemoration piège à cons", ce qui n'est pas idiot du reste). J'ai aussi oublié que j'étais en zone rurale.

Bref, je me suis cru malin-manipulateur-prescripteur-initié- passeur-médiateur. Et on est nombreux dans cas cas, je crois, à vouloir péter plus haut que notre cul.

Cette petite anecdote pour en arriver où, me direz-vous ? A une belle leçon de morale sur l'humilité nécéssaire à notre métier ? Avoir raison là où mème les marchands se sont plantés ? Ben oui.

C'est aussi ça l'élitisme. Comme quoi j'ai encore quelques miettes pas propres qui trainent au revers de mon veston.

Je vois que vous en êtes à Bakounine vs Gavalda, je ne m'en mêle pas, d'autant plus que j'ai cru remarquer qu'en arrière salle l'Islam débarque avec ses grosses babouches médiévales.
Le moyen-âge c'est bien, à condition d'en sortir.
ça va devenir dangereux,nescio, ton rade...

L'élitisme. J'ai un peu cherché. Je suis tombé sur un texte de l'excellent Giappiconi sur débat virtuel, qui cite Kundera :

"Permettez-moi enfin une digression sur l’'emploi devenu si courant de la notion « d’'élitisme ». Il me semble que le recours à ce concept mériterait quant-même quelque prudence. Rappelons que comme le dit fort bien Milan Kundera « Le mot élitisme n’'apparaît en France qu'en 1967, le mot élitiste qu'en 1968. Pour la première fois dans l'’histoire, la langue elle-même jette sur la notion d'’élite un éclairage de négativité sinon de mépris » (L’art du roman).
Pourquoi serions nous donc obligés de considérer cette logique comme une évidence ? Devrions nous exclure que le sens de l'’action publique de laquelle participent les bibliothèques ait quelque chose à voir avec l'’ambition résumée par la formule de Schiller - reprise par Jean Vilar, puis encore à une époque plus récente par Antoine Vitez - d’'être « élitaire pour tous » ; c'est-à-dire de contribuer à faire en sorte que la connaissance, les arts, ou si l’'on veut, en d'’autres termes la « culture » au sens « d'’ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût, le jugement. » (Robert), soit rendus accessibles au bénéfice du plus grand nombre ?" (fin de citation)

Ce qu'il faut retenir de cela, hors de l'avis personnel de Giappiconi, c'est que cette notion est datée située, et n'a plus de sens aujourd'hui qu'historiquement.
La "culture" entre guillemets, c'est à dire son glissement vers une culture, ou une contre-culture, de masse, autant que vers une pseudo-culture de niveau intellectuel et artistique discutable, imposée par quelques intellectuels et artistes dominants, était sans doute un combat à l'époque. C'est devenu une banalité. Ne prenons donc pas position pour ou contre la culture de masse ou la culture, souvent appelée abusivement "élitaire". La distinction n'est pas si nette que cela. L'œuvre de qualité et le navet se trouvent dans l'un et l'autre domaine. L'interpénetration a eu lieu, depuis longtemps. Qui sait si Bakounine n'avait pas sa Gavalda comme littérature de délassement ? Et qui saura jamais ce qu'une lecture "légère" peut apporter à une oeuvre intellectuelle complexe ? Notre intellect reste plein de mystères.

Nous ne sommes donc plus dans cette problématique militante. Les sociologues qui suivirent Bourdieu (qui vous est cher, Anonymous) nous ont appris que nous sommes désormais dans le relativisme culturel. Finie la hierarchisation de la culture (il y a bien l'école qui essaie encore, mais ça part en confettis...) Donc, par voie de conséquence, exit la vision élitiste de la culture. Et vive le relativisme culturel radical : Tous les biens culturels se valent, ex : le rap = le classique. La bibliothèque, pas plus que l'école, n'a de raison de privilégier la culture "cultivée". Nous devons connaître enfin nos publics, comme le professeur de musique doit étudier la culture des élèves, sous peine de les voir détourner leurs oreilles vers des sons plus cléments...

les différentes cultures sont égales en dignité, les biens culturels sont égaux en dignité , un point c'est marre. Certes ils n'ont pas tous le même niveau d'élaboration et de complexité. Mais c'est tout. Hierarchiser c'est donc clairement stigmatiser les couches populaires avec une culture plus complexe. Exclusion.

la culture est plurielle, de plus la culture de masse est partagée par toutes les classes sociales. Or, c'est aujourd'hui ce qui compte. Les combats des élites d'il y a quarante ans ne sont plus de mise. Parce que 40 ans de mass- media sont passés par là. Que ça nous plaise ou non. Soyons-donc élitaires pour tous (puisque Schiller le dit...).

Musso et Levy sont donc les bienvenus, Lorie et Johnny également. Et leurs utilisateurs aussi. Du reste, c'est vrai, Anonymous, que les prolos ne sont pas assez nombreux chez nous.

Mais pas parce que Gavalda n'est pas là, mais seulement parce qu'ils ne savent pas qu'elle y est. Question d'image des bibliothèques-grosses têtes.

Je cite souvent Benoît Yvert, président du Centre National du Livre(dans un entretien au Monde , daté du 23 février 2007.) : "Nous disposons d’un instrument social qui ne joue qu’imparfaitement son rôle : les bibliothèques. (…) Elles restent l’apanage des classes moyennes et sont désertées par les classes défavorisées. Il s’agit d’une priorité nationale, car là, la gratuité a tout son sens“.

Et restons modestes. Travaillons sur notre image, elle en a besoin. Et jetons un coup d'oeil curieux et enfin apaisé sur les pratiques marchandes, les politiques editoriales, les choix d'éditeurs etc...

Anonymus,Ignatius,Zorn et Bakounine, les quatre mousquetaires contre le Complot Mondial Marchand de crétinisation des masses ?

Allons, messieurs ! Fin de la récré, y a du boulot.

Anonyme a dit…

Yvonnic. J'ai l'impression qu'on tourne en rond. Il faut sortir de cette fausse alternative (élite vs peuple) dans laquelle on s'enferme. Certains ont intérêt à cet enfermement : ceux qui veulent que la bibliothèque se transforme en espace d'entertainment, à l'image des galeries marchandes. Conclusion : est-il possible de penser ailleurs, comme disait l'autre ?
Ca me fait rire de vous voir vous appuyer sur Giappiconi, l'un des promoteurs de cette grande braderie. S'il est très instructif de le lire, ce n'est pas pour la pertinence de ses propos, mais parce qu'on est brutalement et salutairement confronté à ce que j'appelle sans hésitation la déchéance de la réflexion sur le métier - voire de la réflexion tout court (il faudrait pour le montrer être ailleurs que sur un blog).
Je reviens sur votre exercice de mortification. Bien que je n'aie aucune idée de votre travail sur 68, je crois pouvoir dire ceci : non, vous n'avez pas échoué. Le fait que les gens ne soient pas au rendez-vous ne signifie pas que l'initiative était intempestive. C'est certes décevant et ça force à réfléchir sur ce qu'on appelle "l'action culturelle" (avant tout son sens et sur le moyen de mettre en adéquation une proposition et un public) ; mais pas sur le mode masochiste qui est le vôtre. A la limite, il y a dans votre réaction comme une blessure narcissique : "Ohlala ! J'ai tout fait pour que ça marche et ils ne sont pas venus ! Je boude (=narcissisme) et ça m'apprendra (=masochisme)."
Ca va peut-être vous scandaliser ou vous faire ricaner mais pourquoi ne pas tirer la conclusion suivante : "J'ai réalisé une expo intéressante, qui m'a passionné ; j'ai essayé de partager mon enthousiasme, en faisant le pari que ça intéresserait les gens. Les gens ne sont pas au rendez-vous ; tant pis pour eux. Et puis, je n'ai pas affaire à des enfants à qui on impose un programme de visite mais à des adultes. Peut-être l'ont-ils trouvée bien, mon expo ; peut-être n'ont-ils pas manifesté leur enthousisasme comme je l'aurais souhaité." Tout cela ne met pas en cause votre démarche mais plutôt ce que vous en attendiez : une sorte de reconnaissance bruyante de la qualité de votre travail. Or le public peut trouver de l'intérêt à une intitiative sans le manifester de manière spectaculaire, sans même le faire savoir. J'ajoute qu'il peut même l'approuver sans y participer (je ne développe pas ce point qui restera peut-être obscur).
Questions en sus : êtes-vous désormais prêt à réaliser des expos sur les chats, les fleurs, le chocolat etc. afin de complaire aux goûts "du plus grand nombre" (parce que ça, en effet, ça marche) ? Doit-on renoncer, sous prétexte qu'on risque de se tromper, à donner un contenu à ce qu'on fait ? On exerce un métier qui est encore à l'abri des diktats de la rentabilité (jusqu'à ce que des gens comme Giappiconi l'aient complètement phagocyté, soumis aux impératifs du management et de la "pensée" comptable) ; voilà qui est précieux - et même incongru dans un monde tourné vers l'intérêt et la mesure. Si l'on doit toujours se poser la question que vous vous posez (celle du rapport de notre activité aux publics, qui la justifient), on ne doit pas non plus abdiquer devant la "sanction" qu'il nous inflige en ne les "validant" pas (encore un mot de chef).
J'abrège parce que je suis trop long. Non, Bourdieu ne m'est pas "cher" (mais plutôt Castoriadis ou Legendre). Pour les groupies de Pierre, voyez plutôt du côté des pontes de la profession qui donnent de sa pensée une version dégradée - je veux dire non seulement hyper-simpliste (l'ont-ils seulement lue ?) mais aussi affranchie de l'ambition de l'auteur (=contribuer au changement social).
Anonymus

Anonyme a dit…

On n'a pas besoin de vos animations, de votre éducation permanente, ni de vos merveilleuses lectures et encore moins de la fraternité des artistes subventionnés.

Votre public n'est qu'un public de victimes consentantes. On ne peut plus rien pour eux. Ils sont déjà zombifiés. Quant aux bibliothécaires, ils ne constituent que les rouages interchangeables de la machine spectaculaire.

Le livre a vécu. Il n'est plus le vecteur privilégié du savoir, il n'est plus un outil d'émancipation mais une marchandise aussi dégoûtante, aussi inutile que les autres.

Plutôt être inculte que de se faire enculturer.

Zorn

Yvonnic a dit…

Je me doutais bien que vous vous répandriez en propos faciles sur ma soi-disant "blessure narcissique". Une vraie blessure narcissique, on se la garde pour soi, on ne la répand pas sur un blog, mème sous couvert d'anonymat.

J'ai pris mes risques dans cette anecdote, à la fois en le faisant et en le disant. Je pense que nous sommes très nombreux à connaître des échecs en matière d'animation. Beaucoup moins à accepter d'en parler.

Et puis nous savons si bien transformer des échecs en réussite, comme vous en apportez la preuve dans votre discours faussement consolateur. Mais non, mon biquet, t'as fait un truc bien quand mème "le public peut trouver de l'intérêt à une intitiative sans le manifester de manière spectaculaire, sans même le faire savoir. J'ajoute qu'il peut même l'approuver sans y participer". Baratin d'intello manipulateur, soupe prête à servir à des élus ou à des collègues, histoire de se cacher.

Et une fois de plus vous retombez dans votre chère hierarchisation : Surtout biquet, continue, ne tombe pas pour autant dans les animations sur les chats etc...Mais j'en fais aussi et heureusement ! Vous n'avez décidement rien compris au relativisme culturel , c'est bien la peine de se lancer dans des explications...

Je m'interroge simplement en permanence sur le fait d'être EN PHASE ou non avec mes publics. C'est important pour moi professionnellement. Ce qui ne veut pas dire en être esclave ou dépendant de je ne sais quelle notion de rentabilité. Evidemment que je "n'abdique pas".

Oui, j'attends une reconnaissance de la qualité de mon travail. Et pas seulement en terme de prêts réalisés. J'attends une confirmation du fait que je suis en phase, en empathie, avec le public. Et je crois que trop de bibliothécaires ignorent trop cela. Je suis bibliothécaire à un endroit précis, à un moment précis. Suis-je the right man in the right place ?

Qu'est-ce qui légitime mon action, en dehors de mes diplomes et du statut ? Qu'est-ce qui me légitime au quotidien ?

Quelques questions de base que chacun devrait se poser. Et certains débats ici montrent que certains se les posent, à leur manière, dans leur relation quotidienne au public, leurs acquisitions, leur réactions face aux dons etc...

Vous non. Vous êtes bourré de certitudes et de convictions. Et vous récitez à longueur de blog votre catéchisme révolutionnaire. C'est lassant et improductif.

"L'ennemi le plus dangereux de la vérité, ce n'est pas le mensonge, ce sont les convictions" (Nietzsche)

Bon, avec tout ça je vais rater le tennis...

Anonyme a dit…

Ne vous énervez pas Yvonnic. Je vous le dis (et ne vous fâchez pas) : vous n'avez rien compris à mon message. Surtout n'allez pas croire que je dis sous une forme diplomatique que vous êtes con. Non, je dis seulement ceci :
- soit vous n'avez pas lu (c'est possible quand je vois les confusions que vous faites) ;
- soit ma manière de m'exprimer ne passe pas (je veux bien le croire mais depuis qu'on échange, j'ai quand même remarqué que vous ne prenez pas le temps de comprendre).
Enfin, tout cela n'a pas grande importance. Votre travail a l'air de vous passionner. Ce n'est pas mon cas. Réfléchir dessus est une question d'hygiène, pas d'intérêt. "Etre en phase avec le public" : voilà ce qu'il faudrait fuir. Cette phrase, à mes yeux, démontre que votre souhait (qui est celui de la profession), c'est d'être conforme à vos clients. C'est l'inverse qu'il faudrait, parce que dans l'écart il y a l'étonnement, la rencontre. J'arrête car je sens votre rage et votre mépris d'ici. Je vous laisse donc, avec votre amour du même ; c'est ainsi que Freud qualifiait l'homosexualité - n'est-ce pas "mon biquet" ? Sachez que je ne mange pas de ce pain-là. Je vous abandonne donc à votre partie de pénis.
A.

Yvonnic a dit…

Empathie :L'empathie consiste à saisir avec autant d'exactitude que possible, les références internes et les composantes émotionnelles d'une autre personne (ou groupe) et à les comprendre comme si l'on était cette autre personne. Ce qui ne veut pas du tout dire se mettre à la place de l'autre, ni en être esclave ou dépendant.

Ce qui fait la spécificité d'un public d'une bibliothèque donnée est un ensemble de "references internes et de composantes émotionnelles", qu'il s'agit de comprendre et d'assimiler pour mieux se situer dans sa pratique.(Il y faut naturellement quelques conditions de base: bannir le refuge dans les espaces internes aux heures publiques, voir les gens et leur parler.)

Je ne vous en veux pas de ne pas adhérer à tout cela, vous avez répondu de façon définitive : "Votre travail a l'air de vous passionner. Ce n'est pas mon cas."

Rideau donc, au moins sur ces sujets.

PS; Evitez donc à l'avenir de tomber dans ce vieux procédé de la dévalorisation à priori qui consiste à commencer et à ponctuer ses propos par des "Ne vous énervez pas Yvonnic. Je vous le dis (et ne vous fâchez pas)" et des " J'arrête car je sens votre rage et votre mépris d'ici."

Cette manipulation antediluvienne n'est plus pratiquée que par quelques rares politicards dans des débats télévisés tout aussi vétustes.

Et dites-vous bien que je ne me mets jamais "en colère" contre un individu donné qui s'exprime pour son compte, à fortiori un pilier de comptoir virtuel comme moi. Mes rares colères vont éventuellement aux systèmes et aux hierarchies qui les servent.Ce qui n'est pas votre cas.

Et cessez de tout ramener à Freud et au sexe, ça m'excite...

nescio a dit…

:-) ça me rappelle Desproges : 'quand je me parle à moi-même, je me dis 'mon garçon', pcq si je m'appelle 'ma fille', ça m'excite et je b...'!

Yvonnic a dit…

Marrant que tu cites Desproges. Et encore une coincidence étrange, je viens tout juste de lire sur la liste Discothécaires, un billet d'un nommé Fabien, qui terminait son message par "je m'engage devant tous les français et les bougnoules à en faire une synthèse ".

Il a été rappelé à l'ordre par le moderateur qui l'a sommé de s'excuser, ce qu'il a fait immédiatement : "étant moi même assez féru de ce type d'humour à la Desproges, je ne pensais pas pouvoir être pris au premier degré en écrivant "je m'engage devant tous les français et les bougnoules". Je m'excuse auprès de ceux qui ont été choqués. Il s'agissait bien entendu de tourner en dérision l'expression langue de bois "je m'engage devant x". Mais comme toutes les blagues c'est moins drôle quand on explique."

Le probleme c'est qu'il ajoute en PS. : "Desproges n'était ni de droite, ni antisémite, ni raciste, contrairement à ce que l'on a pu entendre ici et là à l'occasion de l'anniversaire de sa mort."

Et immédiatement ça a déclenché des réactions pas tristes, dont une que tu apprécieras sans doute, étant sans doute comme moi un inconditionnel de Desproges :

"Ayant bien connu Pierre Desproges, un ami de feu mon père dont nous apprécions (et dont j'apprécie toujours) l'humour, je confirme qu'a priori il n'était pas antisémite. En revanche, il avait des idées de droite, pour ne pas dire bien à droite, qu'il ne cachait pas en privé. Dans mon souvenir, Desproges avait une mentalité vraiment conservatrice qui tranchait fortement avec son image publique d'insolent. Il aimait le vin et la gastronomie, et tout ce qui était, disons, franchouille.Il méprisait notamment le rock, je peux vous en assurer personnellement car j'ai essayé de lui en faire écouter ! Au point que, adolescent, je considérais qu'il était xénophobe (mon jugement a évolué avec le temps, on va dire). Mon père l'a toujours décrit comme
étant un "anar de droite", au point qu'il s'est progressivement
éloigné de lui en raison de ses opinions, qu'il jugeait trop à
droite. Mon père s'est éloigné de beaucoup de ses amis à la fin de sa vie, et sa prise de distance avec Desproges n'est pas une exception. Il est cependant resté ami avec des gens de droite, mais pas avec Desproges, qui l'avait choqué alors qu'ils étaient vraiment assez proches dans les années 1970. Je trouve que s'éloigner d'un type pareil pour des raisons comme ça est assez parlant. Nous avons néanmoins continué à apprécier le talent extraordinaire de Desproges,mais je ne garde pas spécialement un bon souvenir de lui en privé,ce
qui me fait venir de drôles de pensées lorsque je passe devant sa
tombe au Père-Lachaise (en face de celle de Chopin) où j'aime bien me
promener. Voilà mon témoignage !
Pour répondre à Fabien Ratz, moi aussi je trouve amusante 'expression "je m'engage devant tous les français et les
bougnoules". Comme disait Coluche, on peut rire de tout mais pas avec
n'importe qui. Or les Médiathécaires ne sont pas n'importe qui ! Ce sont des gens de qualité et de culture !" (fin de citation"

Marrante la petite pique contre les médiathécaires à la fin. J'avais entendu des propos presque equivalents sur Jean Yanne, "anar de droite" et "franchouillard".

ça en dit des choses, tout ça, non ?

Anonyme a dit…

Jennifer l'avait bien dit, ici même - et je la cite : "La censure, autre caractère inné de la profession." Et encore, les mésaventures du Fab', c'est d'la gnognotte. Souvenez-vous des présidentielles de 2002 et de l'hystérie "antifasciste". L'esprit tatillon des gardiens de la morale tournait à plein régime.
JL

nescio a dit…

Un collègue -un ingénieur- m'a un jour laché pdt la pause café qu'il ne pouvait pas encadrer Bedos parce que c'était un raciste fini...et je vous jure qu'il ne blaguait pas! J'étais terrassé...j'ai néanmoins essayé de lui expliquer -en commençant par la base (ce que dit un auteur n'est pas nécessairement ce qu'il pense)-...mais c'était peine perdue, il aurait fallu tout reprendre depuis le début, un genre de 'Format C:'...et les pauses café ne duraient que dix minutes...

Yvonnic a dit…

Bonjour l'angoisse. C'est marrant parce que c'est Bedos qui a poussé Desproges à faire de la scène, et qui lui a "scenarisé" sobrement son premier spectacle.
Cela me fait penser aux controverses sur Dieudonné, au moins au début. Beaucoup ne savaient pas quelle position prendre. Plus modestement ça me rappelle mes déboires sur le blog de Sophie au niveau des controverses sur le premier degré, le deuxième degré, le point d'ironie, les smileys...

Comme dit Fabien, c'est moins drôle quand on explique, mais ça rassure certains.

Le smiley fait-il partie du sécuritaire ambiant ?

Anonyme a dit…

Aujourd'hui, le Docteur Zorn décode la propagande.

Un slogan ministériel proclame : "2X+2 Kultur SVP". Dans le même genre, nos "élites" ont rebaptisé le Palais des Beaux-Arts en "Bozart".

Pourquoi cette orthographe ? Pourquoi écrire comme un idiot dès qu'on parle de culture ? Les analphabètes ne sont certes pas tous des idiots. Cependant, à partir du moment où on écrit comme un analphabète tout en ne l'étant pas réellement... on fait l'idiot.

Mais à quelles fins ?

Une des spécialités de l'esprit "belge" c'est le second degré (l'auto-dérision) : jouer à quelque chose qu'on n'est pas, soi-disant pour le dénoncer. Or, par effet pervers, l'exercice vire à la complaisance, cf. tous nos "comiques" à accent qui caricaturent la vulgarité pour mieux s'y vautrer.

Le slogan "2X+2 Kultur SVP" est du même ordre. Prétendre lutter contre l'ignorance, contre la bêtise tout en employant les mêmes armes.

Ce qu'il faut donc lire en filigrane, c'est exactement l'inverse de ce qu'ils préconisent. Ce ne sera pas "deux fois plus de culture" mais deux fois plus de rap, de tags, de crétins subventionnés et de pollution mentale en tout genre.

Comme quoi, le lavage de cerveaux a de beaux lendemains. Plus la situation économique et sociale empire, plus on parle d'augmenter les budgets de la culture.

Très révélateur, tout ça.

Zorn

Yvonnic a dit…

D'accord avec le diagnostic du Docteur Zorn. Et ce n'est pas spécifiquement belge. En France les crédits alloués à la culture s'effondrent au niveau des institutions agissantes (en Seine Saint-Denis ils constatent jusqu'à 80 % de réduction budgétaire sur centres dramatiques nationaux, les scènes conventionnées, les théâtres de ville,les nouveaux territoires de l’art, espaces d’art visuel, cinémas publics, équipements de musiques actuelles, festivals, compagnies et artistes indépendants etc...)

Par contre on finance, et on promeut, une autre culture, à travers les plans banlieue etc...une culture au rabais, telle que vous la dénoncez.

ça veut dire tout simplement que la finalité de la culture actuelle, c'est prioritairement un moyen d'acheter la paix sociale. Tout est là. Au fond, on fait, sur une plus large échelle, ce qu'on faisait il y a 20ans quand on achetait la paix des banlieues en installant deux poteaux de basket et en sponsorisant un musculeux local. Sauf que ça ne marche plus. Alors on fait dans la valorisation culturelle large, sous couvert, précisément, d'arriver à une "égalité culturelle". Nivellement par le bas. Classique et déja vu.

La culture-camping est justifiable tant qu'elle ne devient pas hégémonique. A partir du moment où on l'instrumentalise pour en faire le vecteur politique, mensonger en plus,d'une soi-disant démocratisation culturelle, je ne suis plus d'accord.

Je me battrai pour la fanfare et les majorettes tant qu'on ne me dira pas que c'est le but final de la civilisation, fût-ce des loisirs.

Accessoirement, je suis pour l'annexion de la Belgique, pour des raisons sanitaires. Ils sont trop francs, ça pourrait devenir contagieux.

Anonyme a dit…

Vous condamnez la "paix sociale", Yvonnic. Seriez-vous un partisan de la "sainte guerre civile" (Bakounine) ?
Jen Lob

Yvonnic a dit…

Je ne condamne pas la paix sociale, je condamne le fait de croire, et de faire croire, qu'on peut l'acheter avec n'importe quoi, comme on achetait la paix indienne avec de la verroterie et de l'alcool frelaté. Cette paix là n'est pas durable. Nuance.

La paix sociale c'est aussi le maintien d'un délicat équilibre entre les méchants successeurs des jeteurs de bombes dans les carrosses de tsars ,comme vous, et les gentils , comme moi, qui disent bonjour à leur voisin de palier mème si c'est un beauf immonde et sont prêts à casser une graine avec lui devant un barbecue et un verre de rosé. Et peuvent dans la foulée et sans états d'âme bloguer ensuite avec des anars de café du commerce.

Et en regardant passer le tour de France au son du musette, les bourrelets bien calés dans son rockink plastique, en relisant l'Homme nomade d'Attali.

Certes, si la conjoncture devient difficile, il n'est pas exclu qu'à la fin du jeu (social), l'usage individuel de la kalachnikov ne puisse s'imposer...

Le tout c'est de pas passer dix ans en tôle comme votre Bakounine et d'en sortir... après avoir fait la pute en écrivant des lettres d'excuses et de regrets au Tsar. Belle morale !

Anonyme a dit…

L'ignorant qui fait le malin... Je vous laisse avec Attali, le rosé (l'EPO des amateurs de la pédale) et vos bourrelets (moi, j'ai un corps qui réjouit les femmes - peut-être aussi la vôtre, qui sait?).
JL

nescio a dit…

Ca alors, je suis d'accord avec Zorn... et ceci bien qu'il soit complètement hors-sujet! M'enfin, comme disais un Belge célèbre, ça me semble devenir la règle sur ce blog...L'écriture sms, dès que ça sort de l'écran des gsm, a également tendance à me hérisser..."mais oui, je sais que ça ne s'écrit pas comme ça, mais on s'en fout, tu as bien compris ce que je voulais dire hein...' me répondent les jeunes...ben non, justement, j'ai dû décoder et j'ai pris un temps fou à corriger chaque 'faute' in peto.
Quant au rattachement de la Belgique à la France, bernique mon cher Yvonnic...et pour empêcher ça, je serai prêt à jeter un bombe de crème fraîche dans le carrosse de Sarkobruni...

Anonyme a dit…

Nescio : si vous vous dites d'accord avec moi mais que vous tenez tant que ça à la Belgique, vous n'avez pas bien lu entre mes lignes.

La belgitude (la mentalité belgicaine), c'est la destruction de l'intelligence, la liquidation de toute forme de culture au profit d'une littérature de potache, d'accents régionaux tous plus hideux les uns que les autres et surtout, d'une mentalité de débile profond, content de l'être et n'aspirant qu'à l'être encore plus.

Se sentir belge c'est s'empêcher de penser. Inversement, réfléchir sur la Belgique c'est cesser d'être belge. Demandez aux Flamands.

Ce pays est un cauchemar dont nous devons nous réveiller.

Zorn

nescio a dit…

Zorn...c'est avec votre réflexion sur l'usage de langage 'djeun' que nous sommes en phase : "Le slogan "2X+2 Kultur SVP" est du même ordre. Prétendre lutter contre l'ignorance, contre la bêtise tout en employant les mêmes armes." : là, je vous suis. Quant à dire que la baisse de niveau généralisée est caractéristique de notre pays, j'en doute. Et ne pas kiffer le rattachement à la France ne signifie pas que je sois attaché à la Belgique...

Anonyme a dit…

On est belge quand on a tout raté.

La Belgique ne fait pas rire, elle fait pitié.

Baudelaire avait déjà tout compris.

Zorn le Germain empêché

Anonyme a dit…

Et dire qu'il y a un peu plus de 200 ans les Belges avaient demandé leur rattachement à la France révolutionnaire... On l'a échappé belle.

Yvonnic a dit…

Pour être un peu sérieux sur ce sujet, il faut quand mème reconnaître qu'il se passe des choses pas très jolies du côté flamand. C'est en tant que Breton, (et anciennement militant breton )que tout ça m'interesse. les Bretons ont connu tout cela à la fin de la guerre... Je pense notamment à la production de textes visant à réduire certains droits des francophones vivant dans la périphérie flamande de Bruxelles. Parler dans une mairie en Flandre en francais coûte un PV allant de 70 à 400 euros ! Que dire de l'interdiction faite aux enfants de parler francais dans les ecoles flamande meme a la récreation, sous peine de suspension (En bretagne il y avait à l'école l'écriteau "interdiction de cracher par terre et de parler breton", et la punition du sabot pour les contrevenants...) Que dire aussi du fait que certaines mairies ont reconnu récemment ne plus vendre de parcelles de terres aux Wallons francophones ,ou encore du fait que certains maires francophones ne sont pas "reconnus" parce qu'ils ils ont envoyés des convocations pour voter en francais aux francophones etc ,etc... Bref, ça va loin, on n'est pas que dans l'anecdote localisée.

Déja j'ai lu qu'en juin 2006, il y avait eu une résolution d'un parti flamand ,assez extremiste, au Parlement belge demandant le démembrement de la Belgique et la souveraineté politique flamande et wallonne. Cette résolution a été adoptée par tous les partis flamands (moins une abstention) qui se sont donc rangés sur la même ligne que ce parti! Ce qui révèle quand mème une sacrée communion de pensée de tous ces partis flamands, peu importe l’étiquette politique. En revanche, tous les partis francophones ont voté contre. Il y a donc une parfaite fracture entre les deux communautés.

La Flandre est manifestement en train de préparer son indépendance. Avec les lois qu'elle compte appliquer, elle va obtenir plus d'autonomie et se débarasser économiquement de la Wallonie. Et le reste suivra. C'est tout dans son intérêt, économiquement en tout cas.

Beaucoup de spécialistes européens reconnaissent discretement que la Belgique "tient" encore du seul fait de l'Europe (toutes les institutions à Bruxelles colmatent les fissures). Qui plus est, l'Europe permet une scission qui ne dit pas son nom: les communautés linguistiques se rapprochent des pays voisins, mine de rien . Regardez le traître nescio qu'arrête pas de bloguer avec des Français :-). Il parait que l'associatif se déchaîne et fait monter le folklore en mayonnaise...

Seule la question de Bruxelles est encore un véritable frein, personne ne souhaitant une partition de type berlinois, évidemment. Néanmoins les Flamands ne laisseront jamais Bruxelles partir ni être associée avec la Wallonie. Ils entourent Bruxelles et sont majoritaires dans toutes les administrations fédérales et régionales. On ne peut rien contre les faits. Et c'est vrai qu'économiquement la Wallonie est un boulet. L'ancienne puissance dominante, la communauté francophone de Belgique, est maintenant sur le déclin. Le rattachement à la France est un débat assez présent chez les Wallons (ou plus exactement chez les élites, notamment les artistes). Le Wallon moyen, lui, se caractériserait plutôt par un manque de "désir d'avenir", coincé entre la gêne d'être raccroché à une Flandre qu'il ralentit, ou à une France qui lui ressemble. Sans doute trop.

Parce qu'il y a aussi cette vision romantique d'une "civilisation belge". Une spécificité flamande parait évidente, mais pour les francophones c'est plus douteux. Déja, sur le plan historique il ne faut pas oublier que la Belgique a été intégrée à la France après un référendum à la fin du 18ème et qu'elle a fait partie de la République française.
Alors, la spécificité des origines... En fait
après la défaite à Waterloo, la Belgique a été séparée par les vainqueurs pour créer une sorte de tampon "sécuritaire" entre les 3 pays. Pas beaucoup de personnalité un tampon....

Finalement, sur ce plan, le rattachement pourrait être perçu comme une réunification, non? En poussant un peu ...

Et puis, franchement, quelle différence profonde y a t'il entre
la Flandre française (la région de Dunkerque)et la Flandre « belge ». Pas plus sans doute qu'entre les Basques espagnols et les Basques français. Où sont les vraies spécificités culturelles ? Celles qui épousent, comme par hasard, les frontières politiques ou d'autres, plus gênantes mais plus authentiques ? On a eu ce débat en Bretagne, entre la Bretagne à 5 départements ou à quatre. Et sous pretexte que le château des ducs de Bretagne était à Nantes on a voulu "englober", alors que toute cette région (actuelle Loire-Atlantique) n'avait plus rien de breton depuis longtemps.

L'histoire culturelle ça se fabrique aussi, à grands coups d'engrais sur des reliquats de folklore...Quand on a besoin de l'histoire, on sait faire reluire les reliques!

Tout ça pour dire qu'au fond je n'aime pas trop l'extremisme flamand mais que pense qu'ils ont probablement raison de revendiquer la partition. Ils existeront d'autant mieux, en se rapprochant notamment des Pays-bas. Et puis,au fond, nous assistons peut-être à la conclusion (logique ?) d'une situation coloniale très ancienne, tout simplement, mème si cela ne se dit pas ouvertement. C'est peut-être cela le sens de l'histoire.

Quand à penser que la France va accueillir à bras ouverts une Wallonie faillitaire, dans la situation où l'on se trouve nous-mème, c'est plus que douteux. On a vu les problèmes allemands apres la réunification, merci bien...Dailleurs les Wallons ne réclament pas le rattachement. Ils ne réclament apparemment rien.

Ils n'ont qu'à creer un micro-état européen. En Europe, plus t'es petit plus tu réussis...J'ai mème lu quelque part qu'ils n'ont qu'à s'unifier avec le Luxembourg (premier Pib européen, ça vaut le coup). Par contre je me demande bien ce qu'ils feront du roi...

Et, d'avance, on se fout de savoir ce que Jacques Brel (ou Baudelaire d'ailleurs) en aurait pensé...

Il y a un truc bien en Belgique, ce sont leurs maisons de retraite. Elles ne sont pas chères et il parait qu'on y traite les gens plus humainement que dans nos mouroirs à la française.

Faut préparer l'avenir...

nescio a dit…

Yvonnic : les flamands ne laisseront jamais partir BXL? Attention, la majorité de la population vivant à BXL est francophone ...malgré tous les incitants financiers que la Région Flamande a lancés pour pousser les néerlandophones à venir s'y installer, ceux-ci boudent la capitale...attention aussi : si certains politiques flamands voient d'un bon oeil une alliance avec les Pays-Bas, ne dites jamais à un Flamand qu'entre lui et un Hollandais, il n'y a que peu de différences...ou alors courrez vite! En général, ils ne peuvent pas se sentir...
Quant au fait que je blogue avec des Français, c'est évidemment involontaire...j'aimerais avoir plus de correspondants/confrères belges...je n'explique pas qu'ils ne soient pas plus nombreux à s'exprimer sur les biblio blogs...mais je ne doute pas que Zorn nous l'explique sous peu...

Anonyme a dit…

@Nescio : si vos "collègues" belges ne s'expriment pas d'avantage, c'est tout simplement parce qu'ils n'ont rien à dire. Ces gens-là ne pensent pas, ne lisent pas et en plus, ils veulent refiler leur sida mental aux autres. Ce ne sont que les agents d'ambiance du système.

Quant à ceux qui ne veulent pas d'un rattachement à la France, qu'ils se préparent à un "confédéralisme" selon les exigences des Flamands, ce qui aura pour résultat d'appauvrir d'avantage la Wallonie.

Et quand il y aura trois sécurités sociales, trois régimes fiscaux, tous favorables à la Flandre, il faudra faire plein de belles animations pour maintenir les Wallons dans leur abrutissement !

Il est grand temps de comprendre que les représentants francophones ne représentent pas le peuple Wallon mais le roi, leurs loges et leurs chapelles... Les z'initiés francophones veulent sauver leur Belgique (leur aristocratie) à tout prix mais le prix à payer, c'est nous !

Les Flamands ont réussi là où les Wallons ont échoué : eux au moins, ils ont une identité propre et un projet commun. Les Germains auront toujours une longueur d'avance sur les latins. C'est ainsi...

Zorn, ni Vatican, ni Grand Orient

nescio a dit…

Au rythme où se vérifient mes prémonitions vous concernant, les lecteurs de ce blog vont finir par penser que vous et moi ne sommes qu'une seule et même personne, Zorn...
Ceci dit, je tempérerais quand même un peu : ce n'est pas parce qu'ils ne laissent pas de commentaires ici (d'ailleurs, certains en laissent, n'est-ce pas Trotinette?) que mes confrères et compatriotes ne me lisent pas, n'est-ce pas?
Et puis, vous savez que j'ai du mal avec ces généralisations dont vous êtes si friand : "si vos "collègues" belges ne s'expriment pas d'avantage, c'est tout simplement parce qu'ils n'ont rien à dire"....j'en connais de très bien vous savez...

Anonyme a dit…

Zorn : quel "projet commun", quelle "identité propre" ? Ceux des imbéciles heureux qui sont nés quelque part ?

Anonyme a dit…

@Nescio : ce ne sont pas des généralisations, ce n'est pas une question de personne non plus, c'est une question de système, ce qui s'avère beaucoup plus grave.

D'ailleurs, vous savez très bien qu'il n'y a AUCUN débat entre bibliothécaires belges. Ils se contentent de recevoir les directives des z'initiés du Ministère de la Vérité. Et le pire, ce sont encore les personnes "motivées". Motivées pour bousiller le cerveau des gens, oui !

@l'anonyme heureux : le cosmopolitisme c'est très bien pour les bobos pétés de thunes qui se délocalisent au bon moment, au bon endroit selon la météo et les cours de la bourse.

La nation et l'enracinement représentent aujourd'hui la seule forme de résistance à la mondialisation. Car si vous "n'êtes de nulle part", si vous n'avez aucune identité, vous serez ballotté au gré de l'économie et de l'histoire.

Regardez le sort réservé aux Juifs pendant le XXe siècle : faute d'un pays, d'une nation où aller, ils ont été persécutés partout.

Considérez les Flamands comme des "imbéciles heureux" si ça vous chante. En attendant, on voit qui s'enfonce un peu plus chaque jour dans la misère et ce n'est pas eux!

Zorn l'Anti-Brassens

Anonyme a dit…

Zorn : N'y aurait-il d'alternative qu'entre la mondialisation libérale et le repli communautaire ?
L'Etat-nation, "seule forme de résistance à la mondialisation" ? La nation, elle n'a pas attendu la mondialisation pour la créer, la "misère", et pour les produire à la pelle, les pauvres.
Quant à l'exemple des Juifs, il joue contre votre argument : il s'agit précisément d'un peuple qui a réussi à survivre sans Etat (jusqu'à récemment) et en préservant son identité. C'est précisément leur "enracinement" dans certaines nations (dont la France du 19è siècle) qui a amorcé le processus d'assimilation.

Anonyme a dit…

La nation n'a pas attendu la mondialisation pour produire de la misère, certes. Mais quel autre rempart contre ce qui nous menace aujourd'hui ? L'Etat-nation n'est pas la réponse à tout, mais c'est un minimum nécessaire. "J'ai plus confiance dans les droits d'un Anglais que dans les droits de l'Homme" (Burke)

Quant à l'exemple des Juifs... eh bien, oui, ils ont conservé une identité sans posséder une nation mais justement, comme ils n'avaient pas de nation, ils ont pu être persécutés plus facilement. Je crois d'ailleurs que la plupart d'entre eux sont aujourd'hui très attachés à Israël, non ?

Nous c'est différent.

L'identité belge n'est qu'un trompe-l'oeil. Et cet Etat, une fiction destinée à perpétuer l'existence d'une nomenklatura francophone belgicaine, palais et obédiences confondus.

La seule vraie nation en Belgique, c'est la nation flamande... mais elle ne se sent pas belge, justement. Les Flamands tolèrent tout au plus la Belgique et le prix qu'ils exigeront pour le maintien d'une coquille vide sera très, très élevé pour les Wallons, je vous le garantis.

Cela étant, je n'ai pas de remède miracle. Néanmoins, d'un point de vue pragmatique, le rattachisme me semble la seule issue pour nous Wallons.

Zorn

Yvonnic a dit…

Vous voyez bien que les Belges ont des trucs à dire! Bon sang, quelle passion !.
Nescio, vous m'expliquez que finalement il y a un hiatus entre les politiques et la population (sur Bruxelles notamment). Dans ce cas ,très fréquent, qui l'emporte en général, surtout quand toute l'administration et le pouvoir économique sont aux mains de ces politiques ?

Je suis d'accord avec Zorn quand il dit "L'identité belge n'est qu'un trompe-l'oeil. Et cet Etat, une fiction destinée à perpétuer l'existence d'une nomenklatura francophone belgicaine, palais et obédiences confondus.La seule vraie nation en Belgique, c'est la nation flamande... mais elle ne se sent pas belge, justement. Les Flamands tolèrent tout au plus la Belgique et le prix qu'ils exigeront pour le maintien d'une coquille vide sera très, très élevé pour les Wallons, je vous le garantis."

Mais je ne suis qu'un pauvre Français...Il parait qu'on nous a "sondés" et que 51% des français seraient prêts à vous "accueillir". La proportion monte à 65% pour les populations frontalières. Je vais préparer la chambre d'amis...

Mais économiquement c'est assez impensable actuellement.

Anonyme a dit…

..."le prix à payer"... "économiquement improbable"... L'imaginaire des marchands a décidément tout colonisé, même l'esprit des sceptiques. Plutôt que de ressasser la théorie de la valeur, convertissez-vous ! Le Christ a montré la voie, qui a traité les marchands du Temple comme il le fallait. Dont acte.

Anonyme a dit…

@Jésus Anonyme :

Le "prix à payer" dont je parlais n'est pas uniquement économique mais aussi symbolique, identitaire, etc.

D'autre part, à vous lire, je suppose que vous êtes au-dessus des considérations matérielles. Vous vivez sans doute d'hosties et d'eau fraîchement bénite.

Ca me fait penser au bobo parisien qui déclarait à propos de la baisse du pouvoir d'achat : "Peuh, il n'y a pas que la consommation dans la vie." Facile de négliger l'aspect pécuniaire quand on a un solide compte en banque et des amis "initiés" là où il faut.

"Le peuple a faim ? Qu'il mange des brioches." On sait comment a fini l'auteur de cette phrase.

Zorn

Anonyme a dit…

Christ n'a pas prêché la continence et le séparatisme flamand mais la révolte et la venue du Royaume. Ce qu'ont bien compris Joaquim de Flore, Dolcino de Novarre et les Frères du Libre Esprit.

Anonyme a dit…

La venue du royaume ? On est déjà servi avec celui-ci.

Ni le Vatican, ni le Grand Orient.

Zorn le Païen

Yvonnic a dit…

J'avais déja remarqué chez le Révérend Zorn, une certaine aversion pour les franc-maçons. Etrange.

l'anarchiste René Valfort disait:
"Un milieu comme la Franc-Maçonnerie, dont les principes fondamentaux sont : la tolérance, la fraternité, la liberté de pensée, le respect de la personne humaine, dont l'objet principal est l'éducation des individus et la formation d'une élite, ne peut pas être inutile au progrès de l'Humanité. Et de cela les anarchistes, moins que quiconque, ne doivent douter, vu l'importance qu'ils attachent à l'éducation".

On trouve aussi dans le Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie :
"L'Anarchisme est la passion de la Liberté mise en théories. Et aussi en pratique lorsque faire se peut".

Et enfin je cite un illustre anarchiste ET franc-maçon (mais si !), Léo Campion :
"Aussi est-il regrettable que des anarchistes sectaires excommunient la Franc-Maçonnerie au nom d'un pseudo-dogme de l'Anarchie (comme si l'Anarchie était anti-tout alors quelles est à-tout) et que les Maçons sous-évolués excommunient l'Anarchie au nom d'un pseudo-dogme de la Maçonnerie (comme si la Maçonnerie n'était que tradition, alors qu'elle est tradition, dialogue et progrès). Ces attitudes sont d'autant moins admissibles qu'au contraire l'Anarchie comme la Franc-Maçonnerie, anti-dogmatiques par essence, sont l'une comme l'autre tout le contraire d'un dogme. Elles qui ont en commun le culte de la Liberté et le sens de la Fraternité, avec comme but l'émancipation de l'Homme".

Il y a apparemment une longue "histoire d'amour", entre Anarchisme et Franc-Maçonnerie,avec tous les avatars de ce genre de passions....

Je vous laisse donc à vos querelles amoureuses...

Anonyme a dit…

Le Royaume est une création historique inédite, la conséquence d'une double fomentation : de la "tradition des opprimés" et, bien entendu, de la foi. Aussi a-t-il peu à voir avec les vestiges du vieux monde.

Anonyme a dit…

@JésusAnonyme : alors, c'est dimanche, on se lève tôt pour ne pas rater la messe?

@Yvonnic : Tous les hommes sont frères mais certains sont plus frères que d'autres, c'est bien connu. Personnellement, j'ai horreur qu'on se serre la main dans mon dos. Ca me rend nerveux.

Ensuite, des anarchistes qui se réunissent dans un temple et qui y copinent avec les patrons... il est permis d'en rire. Idem pour ces athées enragés qui, le soir venu, se livrent en cachette à des rites biscornus à la Gloire du GADLU. Idem pour les laïcards qui substituent le flambeau à la croix, la communion laïque à la communion solennelle.

Facile de cracher sur la religion des autres quand on n'a pas le courage de la sienne parce qu'elle ne vaut pas tripette.

Pinochet l'humaniste, Bush l'humaniste... sans parler de tous les autres salauds, encore plus hypocrites, encore plus sournois que les curés.

En tout cas, pour leur prochaine guerre, qu'ils ne comptent pas sur moi.

Zorn

Anonyme a dit…

Christ méprisait les simagrées des idolâtres de son temps. La terre était son église et Il appelait "frère" tous ceux qui marchent debout - non pas seulement les initiés. (Et Il faisait partie de la Galilée qui s'lève tôt.)

Anonyme a dit…

Votre petit Jésus, vous en parlez au passé. C'est très révélateur : il ne peut plus rien pour nous.

Un jour, petit Jésus est tombé de sa croix, il a attrapé le tétanos et il est mort. Depuis, les clous de son cadavre nous gênent un peu.

Mais ne désespérez pas : une bonne cure de black metal devrait vous guérir temporairement.

Zorn l'Orage d'acier

Anonyme a dit…

Dans la perspective eschatologique ouverte par le Christ, l'impiété est d'abord une carence de l'imagination. Aussi lorsque Fra Dolcino et sa postérité prolétarienne ont entrepris de porter "l'orage d'acier" jusque dans le réduit des Assis, ils n'avaient pas les yeux rivés sur la scène du Golgotha - mais le souci de poser les fondements matériels et axiologiques un présent acceptable.

Anonyme a dit…

Je commence déjà à regretter Yvonnic.

Zorn

Anonyme a dit…

Dans la recherche de la solution, il ne sert à rien de "regretter". Le message du Christ permet d'en finir avec la conscience malheureuse - "belgicaine" ou autre. La contemplation morbide et nostalgique du passé ne fait qu'encourager la perspective flamande d'une régression communautaire. Dès lors, viser la vérité équivaut à désirer l'Apocalypse.

Anonyme a dit…

Parlez-en à Joëlle Milquet.

Amen !

Zorn

Anonyme a dit…

Se représenter l'Apocalypse comme seule perspective digne pour l'humanité permet d'éluder tous les recours que, généreusement, vous me suggérez. Ravaler, replâtrer sont des activités qui ont leur utilité dans la réfection des bâtiments - pas dans la reconstruction du monde et des rapports sociaux.

Anonyme a dit…

Belgica delenda est.

Zorn

nescio a dit…

Zorn, je vous sens à court de munitions...Un petit effort et on arrive au chiffre fatidique de 100 commentaires pour ce post...ne nous décevez pas!

Anonyme a dit…

La parole du Christ a une portée universelle : elle permet de triompher de tous les atavismes - belgicains compris. Par le passé, et notamment dans ces terres nord-européennes que vous avez en héritage, bien des Inspirés, continuateurs de l'Elu, l'ont montré, qui parvenaient à combattre la mesquinerie des particularismes par la vérité contenue dans son message d'Amour et de chambardement.

Anonyme a dit…

Pendant les vacances, je nourris les trolls pour me distraire. Mais finalement, ça me change peu du boulot.

"Un petit effort et on arrive à cent..." Voilà bien une réflexion de bibliothécaire : le quantitatif, toujours !

Quant à la grenouille de bénitier anonyme, c'est marrant : on dirait un ordinateur qui recrache les mêmes mots dans un ordre un peu différent à chaque fois.

Bon, je vous laisse. Je prépare une animation compost.

Zorn

nescio a dit…

Me suis trompé sur les chiffres...avec celui-ci, ça fait 97...
@Zorn : pas de fausse modestie : avec des commentateurs de votre trempe, ce blog ne se targue pas que quantité!
Ceci dit, apprendre que vous versez dans l'animation pour les jeunes sera le rayon de soleil de ma journée.

Anonyme a dit…

De même qu'ils confondent sensibilité et sensiblerie, les esprits légers ne voient dans l'exigence de rigueur que rigorisme. Dans ses diverses incarnations historiques, c'est-à-dire dans sa forme, la parole du Christ varie à l'infini ; mais dans son sens et sa portée, elle est invariante. Aussi, mis en présence de l'invariance du signifié, les mêmes esprits frivoles dénoncent le ressassement.

Anonyme a dit…

@Nescio : oui, je prépare une animation compost "avec les enfants"... à partir des enfants eux-mêmes. Le tout sera de trouver un broyeur assez grand. Trêve de plaisanteries. En effet, je prépare une animation qui sent le soufre, mais pour adultes.

Je laisse à l'obsessionnel Nazaréen anonyme le soin de poster le centième commentaire, ce qui, le connaissant, ne saurait tarder.

Zorn

Yvonnic a dit…

Je fais le 100° (j'espère ne pas me planter dans les chiffres), juste histoire de le piquer à d'autres, par simple plaisir narcisso-sadique alors que je n'ai rien strictement à dire sur la bouillie anarcho-maçonno- christique qui a précédé.

Sans remonter aux temps bibliques mais simplement à la source de cette série à succès, qui avait pour objet une célèbre parabole du Père Nescio sur le Don, un 15 mai, entre Pentecote et Trinité, je citerai la parole de l'apôtre Rincevent, premier Commentateur, qui prophétisa en fin de son commentaire originel :

"Quel bordel ça va faire dans le vide-ordure".

Il avait vu juste. Depuis, suivant cette éclairante parole, nous fimes bien du chemin...

Anonyme a dit…

Il est un fait incontesté mais dont la portée a, semble-t-il, échappé à beaucoup de gens : le Christ prêchait - ce qui, pour les esprits avertis, signifie non pas qu'il répandait la bonne parole, mais qu'il multipliait les occasions de confrontation ; car de l'échange naît l'étonnement et, éventuellement, l'idée et la communion (intellectuelle). Aujourd'hui où le "self-service normatif" triomphe et se présente comme le parachèvement de la liberté du sujet-roi, l'autre apparaît d'emblée comme une menace à liquider dans les plus brefs délais. Aussi l'aphorisme qui tue a-t-il remplacé avantageusement la pensée, chez les personnalités autocentrées.

nescio a dit…

Yvonnic : merci pour ce recadrage en forme de 'bouclons la boucle'...et j'espère que c'est sous l'influence de l'anonyme du moment que vous m'appellez 'Père Nescio'...

Anonyme a dit…

"Bouclons la boucle"... Tant il est vrai que pour certains, le cercle, c'est-à-dire la pensée autosuffisante, repliée sur elle-même, incarne la perfection. Le Christ, en son temps, et les penseurs lucides des siècles postérieurs conféraient au mot "révolution" un autre sens qu'astronomique.

Yvonnic a dit…

@nescio. Rassurez-vous, j'ai effectivement été débordé par l'ambiance actuelle des lieux.

Ceci dit il y a des moments où mème les églises les plus oecuméniques doivent savoir refermer leur porte au nez du prècheur solitaire. Bouclons la boucle, avant que le fil du commentaire ne se mue en corde du pendu...

Anonyme a dit…

L'aporie et le sentiment de ne plus maîtriser les choses et les êtres conduisent souvent les Iznogouds de la pensée à prêcher le mépris et à exiger la mise à l'index. Or le risque de l'échange n'est pas de finir "pendu", mais la stérilité et l'autocomplaisance - en d'autres termes, le ressassement et la jouissance narcissique de se voir confirmé dans ses croyances. Ainsi pensait le Christ qui recommandait d'aimer ses ennemis : non pas masochisme mais intelligence de l'altérité. "La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement." (R. L.)

Anonyme a dit…

Aporie: Terme grec venant de alpha privatif, et passage (pore): absence d'issue. En philosophie un aporétique est quelqu'un qui,se heurtant à une contradiction logique fait preuve de scepticisme et professe le refus du jugement.

Anonyme a dit…

Au sujet de l'aporie de la position aporétique et du jugement nécessaire : "Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" (Apocalypse 3:14-22)

Anonyme a dit…

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