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02 avril 2007


Musique

Juste ceci : lorsque les petits matins sont faciles, qu’ils ne demandent pas l’aide tonique des Tokyo Police Club ou des Klaxons, lorsqu’au contraire un peu de douceur s’avère bienvenue,
AaRON prend presque tout seul le chemin de mon autoradio. Quelque part entre les Tindersticks et Sophia, des mélodies calmes aux claviers omniprésents, jamais une note plus haute que l’autre : l’écouter en public vous fera immanquablement passer pour un triste sire. Là vous aurez beau argumenter, dire que, certes, ce n’est pas Philippe Lavil, mais que c’est simplement un brin mélancolique au même titre que ce roman de Philippe Claudel, ‘Les âmes grises’. Rien n’y fera : cette voix souple et grave, cette manière audible de reprendre son souffle entre deux couplets et ces textes aux sujets tristounets auront raison de votre défense. Qu’importe, vous vous le repasserez en boucle, parfois au casque : juste la voix, la musique et vous.

Aaron : Articifial Animals Riding on Neverland

22 octobre 2006

Samedi, c'est concert

Vu et entendu hier une jeune suissesse accompagnée de ses quatre musiciens. Yoanna qu'elle s'appelle. Chante en français, des textes de sa propre plume et d'autres de ses confrères. Nous avons ainsi eu droit à 'Ou c'est que j'ai mis mon flingue?' de Renaud, à 'Vu de l'extérieur' de Gainsbourg et à un titre que j'ai soupçonné être du Piaf. On fait pire comme références. Quant à ses propres créations, elles sont assez épatantes, et pourraient bien donner quelques accès de jalousie à certains de ses confrères plus connus. Ca fait penser à du Piaf justement, pour le côté hyper-réaliste, mais l'humour qui ne quitte pas cette charmante accordéoniste l'empêchera sans doute de se vêtir entièrement de noir. C'est donc nettement plus joyeux et emballant. Elle roule les 'R', dépeint amèrement son petit pays, encourage les femmes à envoyer paître les cons, pour un peu plus loin s'avouer atteinte d'une grave maladie : l'amour inconsidéré et très limité dans le temps de tous les hommes, du moins ceux qu'elle trouve beaux. Et elle termine, presque au milieu du public, par le chant des partisans italiens, Bella Ciao, Bella Ciao...

15 octobre 2006

Bande-son

Actuellement, outre les derniers albums de Miossec, des Killers et les envolées électrico-mélodiques du 'Mr Beast' de Mogwai, il y ce cd qui tourne en mode 'repeat' dans ma voiture : 'Everything all the time' . Dû à un groupe américain improbablement nommé 'Band of Horses', cette petite merveille aurait pu être le deuxième album espéré des Grandaddy, après leur magnifique 'Sophtware Slump'... Toutes guitares et batterie sur laquelle plane une voix mi-aigue, mi-grave, le groupe de chevaux envoûte, redynamise et émeût avec la facilité et la certitude de ceux qui se savent sur la bonne voie. Loin de se moquer de nous en essayant d'imiter les Coldplay, ils voguent en parallèle, jamais loin de leurs modèles, mais suffisament éloignés pour ne pas nous lasser. La vidéo de 'The funeral' fait penser à un épisode de 'Cold Case' ou de 'FBI : portés disparus' : noir et blanc et mélodie obsédante, mais c'est en version 'live' que cette chanson-phare de l'album me touche le plus, comme si le chanteur la chantait pour la première fois, lui-même surpris et incrédule de tant de justesse.

06 septembre 2006



Une autre liste

Les deux premiers albums de Neil Hannon, alias Divine Comedy, font partie de mon petit panthéon personnel. Sortis respectivement en 1993 et en 1994, 'Libération' et 'Promenade', merveilles de pop romantique (j'ai cherché un autre qualificatif, n'étant pas journaliste rock, j'en suis resté à celui-là) se retrouvent régulièrement dans mon lecteur, sauf quand certains amis grincheux ouvrent une bouteille à proximité. Trop mou, trop sirupeux disent-ils la moue boudeuse. Comme je suis conciliant, on écoute le premier Nirvana et l'amitié ne faiblit pas. C'est le bouquin de Sagehomme qui m'a rappelé que sur le deuxième D.C, il y avait cette chanson, 'The Booklovers' dans laquelle Hannon égrenne mélodiquement une liste de noms d'auteurs. Pour le coup, j'ai réécouté tout l'album et c'est toujours aussi beau. Et ça donne plus envie de découvrir les auteurs qu'il cite que le répertoire moral du révérend.

25 juillet 2006


Bande-son

Pratiquement deux ans après sa sortie, l'album 'Funeral' des canadiens d'Arcade Fire reste toujours aussi présent. Le réécouter est à chaque fois synonyme de découverte, d'émotions et d'étonnement. Il m'a fallu longtemps avant d'être convaincu pourtant : au début, je le trouvais tout simplement inaudible, bourrés de sons, d'instruments et de voix dont je n'arrivais pas à percer la mélodie d'ensemble. Trois ou quatre écoutes plus tard, l'évidence : il y avait longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de découvrir quelque chose d'aussi fort, peut-être depuis 'The Bends' de Radiohead. 'Funeral', titre on ne peut plus approprié pour un album centré sur la perte d'êtres chers, nous plonge, via les racines profondément enterrées du rock et du folk, dans les pensées confuses de quelques jeunes qui voient, avec leurs parents qui les quittent, leur jeunesse qui s'éloigne et l'âge adulte qui les gagne. C'est parfois clairement explicite, toujours poétique et profondément touchant. Ainsi, comparant la vie à la conduite d'une voiture : 'I like the peace in the backseat, I don't have to drive'....puis 'Alice died in the night, I've been learning to drive my whole life....'
Si j'en parle aujourd'hui, c'est parce que, les doigts de pieds en éventail dans le sable breton, j'écoutais 'Nice and nicely done' du 'Spinto Band' et -la faute aux effets conjugués du soleil, de la mer et du jus de raisin de midi?- j'ai pensé que ceux-là pouvaient réellement se présenter comme des descendants des Arcade Fire, comme si 'Funeral' était la bande-son de l'hiver, et 'Nice and nicely...' celle de l'été. Comme 'Arcade', 'Spinto' fait penser, en vrac, aux Waterboys deuxième période, à Smog, à Devendra Branhart, Nick Cave et au Springsteen du 'We Shall Overcome'... Si 'Funeral' est résolument sombre, 'Nice and nicely..' est joyeusement bordélique et léger, même si l'on peut percevoir dans la voix des chanteurs les mêmes fragilités et imperfections....

28 juin 2006

Prêcheurs



Socialistes revendiqués, les gallois 'Manic Street Preachers' (www.manics.co.uk) avaient sorti en 1996 'Everything must go', un album que je réécoutais au volant ce matin. Une des meilleures chansons de celui-ci, 'A design for life', commençait par :

Libraries gave us power

Then work came and made us free

What price now for a shallow piece of dignity

Traduction non-officielle pour les rebutés par l'anglais : "Les bibliothèques nous ont donné le pouvoir; Puis le travail nous a libérés; A présent, combien coûte un rien de dignité?". J'en connais une qui va me reprendre de volée si la traduction n'est pas correcte. Le site http://www.manics.nl m'apprend que cette première phrase est inspirée par une autre, due à Francis Bacon et gravée au fronton d'une bibliothèque galloise : "Knowledge is power"(pour les rebutés.. : 'La connaissance, c'est le pouvoir'). La bibliothèque, toujours en activité, compterait parmi son personnel le frère de Nicky Wire, bassiste du groupe. On ne parle bien que de ce que l'on connaît.
Bref, une chose en amenant une autre, la première loi belge qui organisait les bibliothèques publiques -dite 'loi de 1921'- nous la devons à Jules Destrée. Egalement père de l'enseignement obligatoire jusqu'à 14 ans, Destrée était socialiste.

La meilleure illustration pour cet article se trouve sur le site du 'cartoonist' Mark Stivers : http: //www.markstivers.com, à la date du 12/12/2002...il y a un copyright dessus...respect donc.