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04 novembre 2007


Sauvés par Régine


Début du concert avec une heure de retard, déjà ça, ça m'énerve. Bon, ok, il y avait deux 'premières parties' avant eux, mais pourquoi ne pas l'annoncer clairement? Bref, à 21 heures et quelques, les lumières laissent la place au noir presque complet, les pieds des micros et les cinq cercles disposés sur la scène s'illuminent : pas de doute, les Canadiens vont débarquer. Dix, pas moins. On attaque en force : j'ai oublié le titre du premier morceau, mais en deuxième position, c'était 'No cars go', suivi pas très loin par 'Black wave'...Win, Régine et leurs 8 potes se déchaînent, c'est tonique, énergique et...bruyant. Dès les premières notes, mon oreille gauche en prend un sale coup, nous sommes pourtant bien placés, presque au milieu, dans les derniers fauteuils du premiers rang...Les minutes passent, mais rien à faire : trop fort, pas maîtrisé, mal balancé, on ne comprend rien de ce que chante Win, tant sa voix est saturée par la dizaine d'instruments qui jouent autour de lui. Impression de magma musical qui ne semble pas gêner les dizaines de ptits jeunes entassés dans la fosse. Si on devait classer la sono sur 10, les ingénieurs d'Arcade Fire se récoltent un 1 par politesse. En comparaison, en juillet, au festival de Werchter, ceux des Killers ou de Gabriel méritaient facilement un 9. Et qu'on ne vienne pas me dire que c'est la salle qui est en cause : j'y ai vu d'autres groupes (Radiohead, Noir Désir...) passer parfaitement. Heureusement qu'il y avait la petite Régine, bouleversante dans 'In the back seat' et tirant les autres morceaux vers le haut dès que sa voix s'y faisait entendre. Dernière pierre à leur jeter : sur le coup de 22h30, soit après une heure trente pile de concert, ils nous plantent là. C'est ce que je nommerai une durée syndicale. Bonjour la spontanéité et la générosité. Je parie que même Sardou traite mieux son public que ça. C'était la minute de mauvaise humeur d'un admirateur déçu.

25 juillet 2006


Bande-son

Pratiquement deux ans après sa sortie, l'album 'Funeral' des canadiens d'Arcade Fire reste toujours aussi présent. Le réécouter est à chaque fois synonyme de découverte, d'émotions et d'étonnement. Il m'a fallu longtemps avant d'être convaincu pourtant : au début, je le trouvais tout simplement inaudible, bourrés de sons, d'instruments et de voix dont je n'arrivais pas à percer la mélodie d'ensemble. Trois ou quatre écoutes plus tard, l'évidence : il y avait longtemps que je n'avais pas eu l'occasion de découvrir quelque chose d'aussi fort, peut-être depuis 'The Bends' de Radiohead. 'Funeral', titre on ne peut plus approprié pour un album centré sur la perte d'êtres chers, nous plonge, via les racines profondément enterrées du rock et du folk, dans les pensées confuses de quelques jeunes qui voient, avec leurs parents qui les quittent, leur jeunesse qui s'éloigne et l'âge adulte qui les gagne. C'est parfois clairement explicite, toujours poétique et profondément touchant. Ainsi, comparant la vie à la conduite d'une voiture : 'I like the peace in the backseat, I don't have to drive'....puis 'Alice died in the night, I've been learning to drive my whole life....'
Si j'en parle aujourd'hui, c'est parce que, les doigts de pieds en éventail dans le sable breton, j'écoutais 'Nice and nicely done' du 'Spinto Band' et -la faute aux effets conjugués du soleil, de la mer et du jus de raisin de midi?- j'ai pensé que ceux-là pouvaient réellement se présenter comme des descendants des Arcade Fire, comme si 'Funeral' était la bande-son de l'hiver, et 'Nice and nicely...' celle de l'été. Comme 'Arcade', 'Spinto' fait penser, en vrac, aux Waterboys deuxième période, à Smog, à Devendra Branhart, Nick Cave et au Springsteen du 'We Shall Overcome'... Si 'Funeral' est résolument sombre, 'Nice and nicely..' est joyeusement bordélique et léger, même si l'on peut percevoir dans la voix des chanteurs les mêmes fragilités et imperfections....