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20 mars 2009

Tout doucement, ça se précise





Depuis presque un mois, les demandes se succèdent. Une biographie d'un 'Juste'. Lequel? Ce serait à nous de le déterminer, évidemment. Faudrait pas qu'ils se fatiguent non plus. Personnellement, à chaque fois, je prends un malin plaisir à proposer Oscar. Celui-là même qu' il y a quelques années, Steven fit revivre sous les traits du grand Liam. Mais bon, à chaque fois que je propose le nom, le demandeur me répond : 'c'est déjà pris'. J'entends bien, mais alors, à eux de me soumettre un autre nom, non?

Celle-ci, la quinzaine vraiment sûre d'elle, me demande tout de go une bio de Yad Vashem. Suffisait d'y penser. Nul doute que l'institut chargé de la mémoire des 'Justes' porte le nom de l'un d'entre eux. Le plus illustre même. D'ailleurs, quand elle a posé la question à sa prof, celle-ci n'a pas démenti.

L'ignorance et la biestrèye gagnent du terrain. Et j'ai de plus en plus de mal à l'encaisser. La voie se dégage pour Dieudonné et Benoît. J'aurais bien envie de citer Renaud tiens. Vous savez, cette chanson qui commençait par 'Je voudrais que mes chansons soient des caresses ou bien des poings dans la la gueule...'

19 janvier 2009

Sous l'eau

Ce n'est même pas que ça déborde. Ca recouvre tout. Impossible de travailler correctement. Chaque tâche s'effectue dans l'urgence. Les obligations déboulent de partout. Rapport annuel à droite, évaluation de projet pluriannuel à gauche, mise en place d'un nouveau service au centre.
S'annoncent également des dossiers de renouvellement de mobilier et la quête d'un nouveau système informatique. Et pendant ce temps-là, aucun lecteur ne se repose. Ils semblent tous possédés par la fièvre de la dernière nouveauté qu'ils voudraient tous lire là, maintenant, tout de suite.
'Quoi? Les bouquins ne sautent pas directement des rayons de la librairie dans les vôtres?'

Il y a des jours où je voudrais être aide-bibliothécaire, prester mes petites heures, obéir aux ordres et me plaindre de mon chef.

25 septembre 2008

Archives
Je vois qu'ici et là certains blogueurs particulièrement inventifs n'hésitent pas à remettre quelques-uns de leurs anciens posts en évidence, genre 'il y a un an, j'écrivais ici...'. Une telle originalité me laisse pantois, dévoré d'envie et perclus de jalousie. Comment n'y ais-je pas songé? Si je regardais un peu plus la télé, peut-être est-ce moi que cette formidable idée de recyclage à peu de frais et sans effort aurait percuté en premier? Blessé dans mon égo de blogueur et trop fier pour copier servilement la démarche, je vous invite, les semaines où vous me sentirez trop fade pour hanter ces lieux, à utiliser la petite colonne de droite, judicieusement intitulée 'archives de blog'.

14 juillet 2008

L'horrible impact

L'autre soir, au JT de la RTBF, la porte-parole de Siemens tente de noyer le poisson du nombre d'employés belges concernés par le nouveau plan d'assainissement de son employeur : 'nous ne savons pas encore combien de personnes seront impactées par ces mesures' lâche-t-elle, aussitôt pardonnée pour ce néologisme rébarbatif : visiblement, il s'agissait d'une néerlandophone.

Le lendemain matin, en radio, toujours sur la RTBF,
une jeune journaliste, trop fainéante pour remanier le communiqué de presse de l'allemande société ou -pire- croyant peut-être faire preuve d'originalité langagière, reprenait texto l'horrible expression.

Nul doute que par cette info, elle ne se sentait guère concernée.

05 mai 2008

De l'anonymat


Dans le "Charlie Hebdo" du 23 avril 2008 (avec ce congé du 1er mai, je n'ai pas encore reçu le numéro du 30...), une certaine Amélie Nothomb fustige les bloggeurs anonymes. Selon elle, 'tout texte courageux et juste comporte une signature' et 'un message qui ne comporte pas de signature digne de ce nom doit être tenu pour inexistant'. Etant donné qu'elle ne prend pas la peine de préciser si elle tape tous les bloggeurs anonymes dans le même panier (les 'journaux intimes' et les 'donneurs d'opinions'), je me sens visé. Je suis comme ça, la tête près du bonnet et toujours prompt à dégainer.
Mine de rien, Amélie en rajoute une couche, elle emboîte le pas aux pourfendeurs rapides et récents de la planète internet et plus particulièrement des blogs. Quand même, si n'importe qui peut s'exprimer et être autant lu qu'un auteur 'publié', sans même être obligé de signer de son vrai nom, où va-t-on? Et comment encore justifier mes droits d'auteurs, puisqu'ils écrivent gratos, ces plumitifs nains?
Le fait de signer mes humeurs de bibliothécaire de campagne autrement que d'un simple 'Nescio' leurs donneraient-elles réellement plus d'impact? Est-ce que pour vous, fervents lecteurs de ces humeurs, le sceau de la vraie vérité pourrait être aposé sur ce blog dès le moment où vous sauriez que son auteur se nomme Raimond Gregorius, bibliothécaire à Marchin ou Maurice Tillieux, classeur/rangeur à Beauvechain ou encore Nicolas Fanuel, préposé au prêt à Amay? Et d'ailleurs, le sceau de la vraie vérité est-il si important? Dès le moment où la rencontre entre un texte et un lecteur produit l'étincelle, celle-là même qui donne l'envie de prolonger la lecture, la messe n'est-elle pas dite? Je ne sais pas qui est Pascal Mercier, et pourtant son roman, plus d'un an après, me trotte toujours en tête. Je n'ai jamais vu Gérard Manset en télé, et pour ce que j'en sais, il pourrait tout aussi bien s'appeler Sébastien Poirier, ça ne m'ôterait pas l'envie de l'écouter encore et encore. La plume et le souffle comptent, si l'auteur est quelqu'un de bien, tant mieux. En quoi, par envie de tranquilité, son usage d'un pseudo, enlèverait-il de la valeur à ses écrits et les rendraient-ils 'inexistants'? Peut-être que demoiselle Amélie n'avait pas grand chose à dire, mais que, pas grand chose, signé de son nom, ça reste malgré tout bon à publier? Et sans doute n'a-t-elle jamais entendu Manset chanter 'Gardez vous des honneurs de ce monde-ci; de l'éclat de ce monde-là'.

03 mai 2008

Licence poétique

Brel était familier du procédé. Il osait, il tordait la langue pour exprimer exactement ce qu’il sentait ou voyait. Dans ‘Le gaz’, l’escalier colimaçonne, les ‘Bigottes’ s’embigotent les yeux baissés et durant son ‘Enfance’, il arpégeait son chagrin. Trois exemples parmi des dizaines d’autres. C'est inspiré, et ça n'écorche pas les oreilles. J'enrage par contre d'entendre et de réentendre Bashung chanter sur son dernier album, 'un jour je courirai moins, jusqu'au jour où je ne courirai plus'. Superbe album par ailleurs, tellement que je le distille et me contraint à ne pas le laisser tourner en boucle. Mais bon, sur cette paresse-là, Alain perd quand même des points...qu'est-ce qui l'empêchait de demander à Gaëtan Rousel, l'auteur ce texte, de remplacer 'courirai' par...je ne sais pas moi...tiens : 'chanterai' par exemple?